Roman Polanski ne se repose jamais. Alors que son prochain film, La Vénus à la Fourrure, sera sur les écrans le 13 novembre prochain, le cinéaste franco-polonais travaille déjà sur le suivant. Le sujet ? L'Affaire Dreyfus, du nom ce Français d'origine alsacienne et de confession juive, accusé d'avoir livré des documents secrets français à l'Empire allemand sous la Troisième République, et finalement innocenté.

"Il y a un aspect qui est extrêmement intéressant pour moi, c'est l'insistance avec laquelle les médias, comme l'armée à l'époque ou comme n'importe quelle institution d'Etat, ne veulent pas admettre une erreur", a déclaré jeudi Roman Polanski sur RTL, qui y voit un lien avec sa propre histoire. "Dans mon expérience, je sais que, très souvent, (lorsque) un journal, un magazine fait une erreur à mon sujet ou écrit des mensonges, si je réagis, ils ont la dernière parole, ils n'admettront jamais qu'ils se sont trompés. Comme l'armée à l'époque", dit-il.

"Pendant trente ans, on n'a jamais cherché à m'arrêter"

Après 42 jours de prison, puis sa libération sous caution, le cinéaste qui avait plaidé coupable de "rapports sexuels illégaux", s'était enfui des Etats-Unis avant le prononcé du verdict, craignant d'être lourdement condamné. Rattrapé par l'affaire en 2009, Polanski avait été arrêté en Suisse sur la base d'un mandat international américain, puis assigné à résidence avant d'être libéré par les autorités suisses.

Dans une autre interview, accordée au magazine Vanity Fair, le cinéaste revient sur cette fameuse affaire Geimer. Cette relation, "je la regrette. Mais elle me rattrape sans cesse", confie-t-il. "C'est une histoire sans fin, il est possible qu'il n'y ait jamais d'issue. Évidemment, si je me rends à Los Angeles, ils me mettront en garde à vue, sans doute en détention. À mon âge (80 ans, NDLR), je n'ai aucune envie de retourner en prison là-bas", dit-il.

"Pendant trente ans, on n'a jamais cherché à m'arrêter. J'allais dans le monde entier sauf aux États-Unis et en Grande-Bretagne. (...) Tout à coup, à l'occasion d'une campagne électorale pour le poste de procureur de Californie, le district attorney de Los Angeles s'est servi de moi comme d'un cheval de bataille : il a perdu mais il a réveillé l'affaire", conclut le réalisateur.