La file d'attente pour rentrer dans l'antre de Prince, dimanche après-midi, s'étirait sur 150 mètres à vingt minutes du début du concert. Dans la salle, la fosse et les gradins se remplissent petit à petit. Devant la scène, une toile tendue reflète des images d'aquarium pour faire patienter les spectateurs. 


Chaque concert de Prince est un événement. Après quelques dates en Europe pour cette mini tournée "Hit and Run" - délit de fuite —, la seconde partie de celle-ci passait par Paris. L'occasion pour le chanteur de présenter son girls band et de montrer qu'il est toujours, à 55 ans, l'un des maîtres incontestés de la scène. Il faut croire que la musique entretient. 

Ambiance 80's et concert best-of 

A 18 h, le public s'impatiente, appelle Prince, siffle : le concert débutera finalement avec 30 minutes de retard. Mais avant de commencer, les musiciennes de 3RDEYEGIRL passent une tête sur la scène pour nous demander (gentiment) d'éteindre nos portables, nous priant de ne pas filmer le show. "Nous voulons passer une bonne soirée et s'amuser avec vous", lancent les jeunes femmes. Et malheur à ceux qui n'auraient pas écouté les instructions : des cerbères au physique de quaterback braquent leur lampe sur vous avec des regards qu'il ne vaut mieux pas soutenir.

Il est 18 h 30, lorsque la toile tendue sur la scène tombe. Le "kid de Minneapolis" apparaît derrière son micro habillé du célèbre "Love Symbol" : tunique blanche, pantalon blanc et gilet, pour une 1 h 40 de concert. Débutant sur le morceau parfait pour donner le ton "Let's Go Crazy". S'enchaînent ensuite "Take me with you" avec la chanteuse Liv Warfield, "Rasperry Beret", "Musicology" et "Feel Good". Entre les morceaux, le chanteur harangue la salle, ordonne de chanter, le public lui obéit au doigt et à l'œil dans une ambiance années 80 ultra-festive. A tout moment, on s'attend à voir une line dance se former, comme dans la mythique émission Soul Train. 

Pluie mauve sur le Zénith 

Du funk, Prince en avait promis au début du concert et nous voilà (presque) rassasiés. Lorsque que le kid entame "Kiss" sur sa guitare, le Zénith s'enflamme. Une marée humaine se lève des gradins : c'est partie pour l'autoroute des tubes incontournables du chanteur. "When Doves Cry", puis un "Controversy" où le chanteur demande au public de sortir son téléphone. Et c'est sous une constellation technologique que le morceau est joué. "1999", achève de chauffer la salle à blanc. Lorsque le chanteur lance un "Little Red Corvette" ultra-sexy, le public, comme hypnotisé laisse la magie opérer. Et quelle magie, lorsque pour son dernier morceau avant le rappel, Prince lance un "Nothing Compares 2U" flamboyant.

Les musiciens sortent de scène pour en revenir dix minutes plus tard pour délivrer "Guitar", "Plectrumelectrum", un nouveau morceau à sortir dans les prochains mois, "Fixurlifeup", "Something in the water", "Thunder" ... Enfin, un bruit de tonnerre fait trembler le Zénith qui se pare de mauve, l'intro de Purple Rain s'étire. Le chanteur tient son public, et dès le premier riff, la salle s'emballe. Sous un déluge de lumières violettes et de confettis, le chanteur livre le morceau qui fête ses trente ans, cette année. Il est 20 heures lorsque les lumières se rallument. L'heure de quitter la scène pour le chanteur qui livre, une heure et demie plus tard, un second concert.