C'est le film le plus attendu par les fans de science-fiction depuis Avatar. Trois décennies après avoir plongé Sigourney Weaver dans le pire cauchemar spatial de l'histoire de cinéma, Ridley Scott reprend Alien là où il l'avait laissé. Ou presque puisque Prometheus, en salles le 30 mai prochain, n'est pas une suite des films de James Cameron, David Fincher et Jean-Pierre Jeunet, sortis en 1986, 1992 et 1997. L'intrigue, imaginée par Scott, le jeune scénariste Jon Spaiths et Damon Lindeloff, l'un des créateurs de la série Lost, débute en amont du premier film, en 2089 exactement. Sur Terre, deux scientifiques, Shaw (Noomi Rapace, la star de Millenium) et Holloway (Logan Marshall-Green) explorent une grotte dans les montagnes d'Ecosse. Où ils découvrent de mystérieuses inscriptions pointant vers le cosmos.

Ridley Scott nous embarque alors à bord du Prometheus, un croiseur interstellaire en route pour une planète baptisée LV-233. Nos deux chercheurs et leur équipe s'y réveillent après un long sommeil, sous le regard de David (Michael Fassbender, le héros de Shame), un cyborg qui rappelle les créatures interprétées par Ian Holm et Lance Henriksen dans la saga d'origine. Mais la vraie patronne des lieux, c'est Meredith Vickers (Charlize Theron), une émissaire de la Weyland Corporation, propriétaire du vaisseau.

Impressionnantes, les quelques images en 3D dévoilées la semaine dernière à Paris en présence du cinéaste et de ses trois comédiens, seront à priori les seules à circuler avant la sortie en salles. Frustrant pour les journalistes, indispensable semble-t-il pour la production afin de préserver les huit dernières minutes du film, qui révèleront, dixit Ridley Scott, le lien avec son film 1979. "Je me suis toujours demandé pourquoi certaines questions laissées en suspens après le premier film n'avaient pas été explorées dans les épisodes suivants, a expliqué le cinéaste devant la presse. Par exemple le Space Jockey (le pilote fossilisé qu'on découvre au début d'Alien – ndlr). Qui est-il ? Comment est-il arrivé là ?".

Le Britannique, qui n'avait pas touché à la SF depuis Blade Runner en 1982, ne semble pas inquiet de la comparaison, inévitable, que dresseront les fans purs et durs avec l'oeuvre d'origine. "Je pense que nous avons imaginé des situations suffisamment originales pour surprendre le public", nous a-t-il confié en marge de la présentation des extraits.

Après Robin des bois en 2010 et alors qu'il pourrait prochainement diriger Brad Pitt et Angelina Jolie sur The Counselor, le cinéaste qui aura 75 ans en novembre prochain semble infatigable. "Mon travail de réalisateur, c'est d'allumer un feu, de lui donner vie... Et de le rallumer lorsque les types en costume des studios tentent de l'éteindre", raconte-il avec le sourire. Vous savez, je suis quelqu'un qui n'abandonne jamais. J'ai une adrénaline en moi, comme un moteur. Ou un chien de chasse qui ne lâche pas... tant que les autres animaux n'ont pas lâché !" (rires).

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