Il s'appelle Julien Sanchez, et c'est l'une des "nouvelles stars" du Front national. Elu maire de Beaucaire, dans le Gard, lors des élections municipales en mars dernier, ce fringuant trentenaire affiche haut et fort ses convictions. Dans une tribune publiée en début de semaine sur le blog de sa fédération, l'intéressé entendait "alerter le gouvernement et l’opinion publique sur le coût pour les contribuables de l’accueil d’élèves dits allophones dans les écoles françaises".

L'élu fait référence aux jeunes élèves étrangers, qui ne parlent pas la langue de Molière, et qu'il se voit "contraint", par la loi, "d’accueillir dans les écoles de ma ville". D'après lui, non seulement ces enfants coûtent chers à la République. Mais surtout ils seraient responsables des difficultés d'apprentissage "de nos enfants français parce que figurent dans leurs classes quelques élèves allophones qui nécessitent logiquement une attention particulière de la part des enseignants".

Nabilla, responsable de la baisse du niveau des élèves ?

Histoire de montrer qu'il est dans l'air du temps, Julien Sanchez achève son billet par une référence qui n'aura échappé presque à personne, regardant la télé ces derniers temps : "C’est en maintenant ces pompes aspirantes que l’on pèse aussi à la baisse sur le niveau général des élèves. A croire que nous n’en sommes qu’au début des "Allô, non mais allô quoi ?!", écrit-il, reprenant la phrase culte de Nabilla, la vedette des Anges de la téléréalité.

La phrase est ambiguë, certes. Mais qu'il considère Nabilla comme responsable, ou victime des errements de l'école française, Julien Sanchez se trompe. D'abord, c'est une certitude : Nabilla n'est pas étrangère. Née à Ambilly, en Haute-Savoie, en 1992, elle est la fille d'un immigré algérien, et d'une mère italo-corse. Ensuite si elle commet de nombreuses erreurs de français... c'est parce qu'elle a quitté le système scolaire, à 15 ans !

"La montée du FN ? Ca me fait flipper"

"Je ne suis pas un modèle, mais j'essaie de faire passer des messages dans les médias comme 'ne lâchez pas les études, je le regrette'", nous confiait-elle, en novembre dernier, consciente de ses difficultés, dont elle admet être la principale responsable. "Dans la vie quand on ne sait pas s'exprimer, on est très mal vu et mal accepté, surtout en France", avouait-elle au cours du même entretien. Le maire de Beaucaire, lui, n'a peut-être pas suffisamment regardé Allo Nabilla avant d'écrire sa tirade...

Une chose est sûre: la jeune femme n'est pas du tout "fan" du Front national : "Franchement ça me fait flipper", nous disait-elle cet été, à propos des résultats du parti aux européennes. "Je me rappelle que mon père a souffert du racisme lorsqu'il est arrivé en France. C'était dur pour lui. Pour trouver du travail, dans le regard des gens. A l'époque on disait à ma mère que c'était la honte d'être avec un sale arabe ! Sauf que la France, ce n'est pas ça."

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