C’est bientôt la rentrée. Et qui dit rentrée dit retrouvailles électriques à Rock en Seine, l’un des seuls festivals où les marques de bronzage rivalisent avec une affiche gargantuesque. D’ailleurs, le programme est tellement pléthorique qu’il faudrait pouvoir se dédoubler pour goûter à toutes les saveurs. Toutes nos excuses aux inconditionnels de Tomahawk, Tame Impala, Kendrick Lamar ou encore Chk Chk Chk, sur qui nous avons dû faire l’impasse (il paraît que c’était grandiose). Comme les goûts et les couleurs ne discutent pas, voici donc un premier bilan établi en toute subjectivité.

Le rouleau compresseur

On les attendait avec une certaine impatience, un excellent nouvel album dans leur besace. Les Ecossais de Franz Ferdinand n’ont pas déçu en balançant une dizaine de tubes efficaces qui n’ont pas manqué d’agiter la foule transformée en dancefloor géant. Les nouvelles pépites comme Love illumination, Evil eye ou Bullet manquent peut-être un peu de vécu, mais elles laissent présager de prochains concerts encore plus fous.

Les déceptions

Difficile de passer à côté du phénomène Alt-J ces derniers mois. Le groupe a réinventé la notion même de pop, en y insufflant des percussions tribales et des enchevêtrements vocaux. En live en revanche, c’est plutôt l’ennui qui prime. Pas d’engagement auprès du public, des chansons qui manquent d’intensité, certains concerts comme celui-ci semblent durer une éternité. Idem pour le trio british Daughter, qui nous avait plutôt séduits avec sa douce reprise de Get lucky, mais dont les compositions souvent fades nous ont laissés indifférents.

Les bonnes surprises

A l’heure de l’apéro, Johnny Marr a fait souffler un vent mancunien sur Rock en Seine. L’ex-guitariste des Smiths est apparu toujours aussi fringant et alerte, n’hésitant pas à taquiner le service de sécurité. Ses chansons carrées et son rock sans fioriture ont encore fait des étincelles, même auprès du jeune public qui semblait le découvrir. De son côté, le Californien Hanni El Katib a rempli sa mission avec brio : livrer des mélodies sauvages et incandescentes qui ont donné le tournis aux festivaliers présents devant la scène de l’industrie.

La confirmation

Programmée sur la petite scène Pression Live, au même moment que l’acclamé rappeur Kendrick Lamar, Alex Hepburn méritait un accueil beaucoup plus chaleureux. On ne se lasse pas de ses chansons déchirantes et de ses ballades lancinantes, qui dépeignent une personnalité bien trempée. On espère la revoir bientôt dans de meilleures conditions, avec un public acquis à sa cause.