Roger Daltrey est une légende du rock. A 69 ans, le chanteur du groupe anglais The Who n'a plus grand chose à prouver... et n'a pas peur de dire le fond de sa pensée, quitte à choquer. Dans une interview accordée au Sunday Times, l'interprète de "Won't Get Fooled Again" règle son compte à Tony Blair et aux travaillistes qui ont gouverné la Grande-Bretagne, de la fin des années 1990 à l'arrivée au pouvoir du conservateur David Cameron, en 2010.

"Je ne pardonnerai jamais le Labour Party d'avoir autorisé une immigration de masse sans exiger un salaire minimum. Je ne lui pardonnerai jamais d'avoir détruit les emplois de mes camarades en acceptant que des ressortissants de l'Union européenne viennent travailler en Angleterre, au nom de la pensée stupide de l'Europe, des gens qui vivent à dix dans une chambre et qui sont payés au salaire polonais." Bigre.

Une deuxième carrière en politique ?

" Je n'ai rien du tout contre les Polonais", précise Roger Daltrey, "mais c'était une erreur politique et ça me met très en colère. D'autant plus que ceux qui l'ont dans l'os, ce sont les immigrés alors qu'ils n'y sont pour rien." En 2011, déjà, le chanteur avait reproché à la gauche anglaise d'avoir "baisé le travailleur britannique comme il n'avait jamais été baisé avant".

Roger Daltrey, qui a grandi dans la banlieue ouvrière d'Acton, à l'ouest de Londres, se rappelle ainsi à ses origines modestes, même s'il est à l'abri du besoin depuis de longues années. The Who, qui fêteront leurs 50 ans l'an prochain, devraient donner à cette occasion les derniers concerts de leur carrière avant une retraite bien méritée. Histoire de se tourner ensuite vers la politique ?