Depuis sa création, le cinéma a déchaîné les éléments pour le plus grand plaisir du spectateur. La Terre a ainsi connu des typhons, des tornades, des attaques d’astéroïdes, de météorites et autres pluies de grenouilles (si, si, souvenez-vous de Magnolia…). En 2013, alors que nous croyions que les excentricités SF avaient été usées jusqu’à la corde, un cataclysme d’un nouvel ordre est parvenu à fédérer une cohorte de fans : le Sharknado, contraction des mots shark (requin) et tornado (tornade). Né d’un téléfilm d’Anthony C. Ferrante, ce phénomène ébouriffant contraint les humains à éviter des squales aux dents acérées surgissant au gré de vents tourbillonnants.

Tournée pour deux francs et trois sous, cette série Z a très rapidement acquis un statut privilégié aux yeux d’un public adepte de nanars flamboyants. Preuve de son succès : les naissances d’un deuxième et d’un troisième volet, intitulé Sharknado 3 : Oh hell no !, disponible en DVD et Blu-Ray le 2 février. De propriétaire d’une buvette de bord de mer, Fin, le héros de la saga qu’incarne Ian Ziering (l’inoxydable Steve Sanders de Beverly Hills), est désormais devenu un trésor national. On le découvre ainsi à la Maison Blanche, célébré par une Amérique émue par sa vaillance face aux sharknados. Alors qu’il n’a pas fini de contempler cette tronçonneuse d’or qu’on vient de lui offrir, des requins font hélas une brutale irruption, poussant l’histoire à se répéter…

Quand c’est con, c’est "parfois" bon…

Confortée par le petit culte qu’elle a su instaurer, ladite franchise n’a jamais reculé devant les invraisemblances, passant à la moulinette des situations d’une ambition que ne peut satisfaire son budget dérisoire. Filmée avec le pied gauche, cette 3ème dinguerie épouse la même philosophie foutraque ; on y croise des requins dans des toboggans ou dans la panic room du Président – lesquels se font tuer à l’aide de drapeaux US ou de sabres (bonjour les effets spéciaux atroces) –, des adolescents au Q.I. négatif, les improbables silhouettes de David Hasselhoff ou Lorenzo Lamas (oui, le Rebelle de la télé !), ect… De cette psychédélique débauche de nullité jaillit néanmoins une générosité sympathique et décomplexée, qui culmine dans un final "what the f**k" où les bébêtes atteignent l’espace. Idéal pour un samedi soir, avec potes et pizzas. 

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