Skip the Use connaît la chanson. Depuis deux ans, le groupe nordiste retourne le festival Solidays avec des prestations toujours plus ébouriffantes. Programmé samedi soir entre la rage d’Izia et la folie Shaka Ponk, le groupe est même parvenu à éclipser le match des Bleus contre l’Espagne. Les Lillois ont gardé un souvenir impérissable de leur premier passage à l’hippodrome de Longchamp en 2010. Devant une foule de 40 000 personnes déchaînées, les rockeurs avaient connu un baptême du feu hallucinant, alors que leur premier album était à peine sorti dans les bacs. « Nous n’avions jamais joué devant autant de monde, se souvient le bouillonnant chanteur, Matt Bastard, donc on n’oubliera jamais ce moment. »
Une folle ascension
Tout comme l’opportunité de jouer en première partie de Johnny au Stade de France, il y a dix jours : « C’est difficile de refuser une telle proposition, surtout qu’on avait vraiment envie de goûter à l’ambiance d’un stade », avoue le guitariste, Yan Stefani. Matt Bastard : « On aime bien quand le public n’est pas venu pour nous, quand il faut donner deux fois plus d’énergie. Notre stratégie est bien en place : ne pas être trop brusque et laisser le public sur sa faim. »
Pourtant, cette folle ascension, également marquée par une nomination aux dernières Victoires de la musique, n’a rien d’étonnant au vu de leur parcours. En effet, le groupe a d’abord écumé les bars et les petites salles pendant dix ans sous le nom de Carving, avec plusieurs albums autoproduits à la clé et des premières parties prestigieuses.
Et puis, en 2008, c’est l’heure du changement d’identité. Ils décident d’adopter le nom de Skip the Use, pour « bousculer les conventions ». On connaît la suite. « On a commencé très tôt, mais aussi très bas, analyse Yan. On sait ce que c’est de jouer uniquement pour le plaisir, de galérer pour se faire connaître. Ça fait longtemps qu’on travaille dur avec ce groupe, c’est une vraie reconnaissance d’en être arrivé là. » Comme leurs potes de Skaka Ponk, les musiciens consacrent un temps fou à ce projet. « On n’a pas besoin d’avoir une respiration à côté ou de prendre de longues pauses, confirme Yan, on est toujours impatient de continuer l’aventure. » Après Solidays, les garçons se produiront dans une douzaine de festivals cet été, dont le Main Square, Musilac et les Déferlantes d’Argelès. D’autres occasions de briller.















