Attention, sujet casse-gueule ! Chaque année, le cinéma indépendant américain nous livre sa fournée bien craquante de films sur des adolescents en difficulté. Certains se plantent royalement dans leur volonté malingre de construire des portraits archétypaux quand d’autres s’échinent à toucher du doigt la réalité, à la transcender.

Croire en l'humain avant tout

States of Grace, premier film de Destin Cretton, fait partie de cette seconde catégorie. S’il surclasse la plupart de ses concurrents, c’est sûrement parce que son réalisateur et scénariste a travaillé de longues années auprès d’enfants en perdition. On peut d’ailleurs, sans erreur, considérer Grace et Mason, employés d’un foyer et (super)héros de ce long métrage, comme les prolongements de Cretton.

Ces deux êtres généreux travaillent d’arrache-pied, avec une patience pantagruélique, pour que Sammy contienne ses accès de colère, Marcus guérisse de son enfance sacrifiée ou Jayden cesse de planter ses ongles sous la peau jusqu’au sang. Sans négliger ses personnages, Cretton filme avec son cœur, conte avec ses tripes et réussit de fait l’impossible : transformer un sujet douloureux en feel-good movie. Ses comédiens, la révélation Brie Larson en tête, brillent de mille feux. Enorme coup de foudre pour cette œuvre qui redonne sans conteste de la brillance à l'humain.