Il n'y a pas que les séries américaines dans la vie. Depuis quelques années, nos voisins anglais produisent des fictions remarquables et d'une grande originalité à l'image de The Hour, qui suit la création d'une nouvelle émission de télévision dans les années 60, actuellement sur Arte ou encore Hit and Miss, diffusé sur Canal+. Estelle Boutière responsable du pôle contenu chez NPA Conseil, décrypte les points forts des fictions made in England.

Une fiction nationale puissante
A l'image de l'Allemagne et de l'Espagne, en Grande Bretagne, la fiction nationale est plus forte que la fiction américaine. "Contrairement à la France où les meilleures audiences de fiction sont réalisées par Dr House ou Castle, les Anglais, eux, sont friands de leurs feuilletons locaux : les historiques Coronation Street et East Enders ou plus récemment Downton Abbey qui a réuni 10 millions de téléspectateurs pour le final de la saison 3 sur ITV1", analyse Estelle Boutière.

La télévision, un média noble
Autre particularité anglaise, de l'autre côté de la Manche, "la télévision est considérée comme un médium noble, absolument pas complexée par rapport au cinéma", selon la spécialiste. Conséquence : les producteurs n'hésitent pas à engager de prestigieux comédiens comme Maggie Smith (Downton Abbey) ou encore le charmant Idrissa Elba (Luther) pour porter leurs fictions. Et ainsi attirer le grand public.

Des auteurs libres et créatifs
Si les shows américains fonctionnent avec des pools d'auteurs et des showrunners, en Angleterre, les séries sont l'oeuvre d'un seul et même auteur dont la liberté créative passe avant tout. "Seul maître à bord, il peut proposer des séries osées et décomplexées, confirme Estelle Boutière. Comme Hit and Miss, l'excellente création de Paul Abbott dans laquelle Chloé Sevigny incarne une tueuse transexuelle."

Des saisons courtes et réactives
Plus c'est long, moins c'est bon. Contrairement aux séries américaines qui usent leurs séries jusqu'à la corde, "en Angleterre les productions sont dans leur grande majorité composées de 6 épisodes (Misfits, Luther, The Hour), note Estelle Boutière. Voire même 3 épisodes, à l'image de l'étonnant Black Mirror, encore inédit en France". Une bonne façon de ne pas lasser le public, et garder une certaine fraîcheur.

Une production riche et diversifiée
Enfin, force est de constater que les Anglais savent tout faire. Et avec talent : de la comédie (The OC), de la fiction en costume (Titanic), du fantastique (Misfits), du trash (Dead Set, Skins), du policier (Luther, Sherlock). Avec en commun une esthétique toujours très soignée et un humour so british.