Au cinéma, comme en télé, on appelle ça un contre-emploi. Hormis un second rôle dans la série militaire Strike Back, Andrew Lincoln a longtemps été abonné aux rôles de jeunes premiers, tendance romantique. Au cinéma, on se rappelle de lui en amoureux contrarié dans Love Actually, la comédie à succès de Richard Curtis. Ou plus près de chez nous en fiancé de Vanessa Paradis dans L'Arnacoeur. En 2010, ce fils d'un ingénieur et d'une infirmière, né Andrew James Clutterbuck, décroche le premier rôle de l'adaptation télé du comic book fantastique The Walking Dead. Son rôle ? Celui du shérif Rick Grimes, dans le coma après une vilaine blessure lors d'une arrestation qui a mal tourné. A son réveil, l'hôpital est vide... Et la ville infestée de zombies.

Trois saisons plus tard, Andrew Lincoln est devenu une star du petit écran, après y avoir fait ses débuts, en Angleterre, au début des années 1990. Diffusée sur la chaîne câblée AMC, The Walking Dead n'a cessé de gagner des téléspectateurs depuis le pilote, suivi par 5,35 millions d'Américains le 5 décembre 2010, pour atteindre un record historique de 12,4 millions de téléspectateurs lors du final de la saison 3, le 31 mars dernier. Attendu dimanche soir, le premier épisode de la saison 4 est sans conteste l'un des plus gros événements de la rentrée télé.

Un bon père de famille, comme Rick Grimes

Sa star, discrète, ne fait pas pour autant les choux gras de la presse people. Marié depuis 2006 à Gael Anderson, la fille du leader du groupe Yes Anderson, Andrew Lincoln est papa de deux enfants, Matilda, 6 ans, et Arthur, 3 ans. Une petite famille qui l'accompagne partout, y compris lors des tournages de la série, en Géorgie. "Je ne pourrais pas faire tout ça sans eux", expliquait l'an dernier l'acteur à Metro UK. "Lorsque nous sommes là-bas, nous vivons à Atlanta, où nous nous sommes faits des amis incroyables", ajoutait-il, soulignant, non sans humour, que sa fille aînée avec développé un léger accent du Sud.

Au fil des saisons, le personnage de Rick a gagné en épaisseur et en complexité. La troisième, marquée par la mort de sa femme Lori, l'a poussé dans ses retranchements. Au point qu'une nomination aux Emmy Awards n'aurait pas été imméritée. Modeste, Andrew Lincoln ne risque pas de se plaindre. "Je ne regarde jamais la série", a-t-il récemment avoué à Entertainement Weekly. "La raison principale, c'est que je n'aime pas me regarder", ajoute-t-il. Mais pas seulement. "Je ne veux pas avoir trop conscience de mon jeu. C'est le cas de certains grands acteurs que j'admire et qui ont tendance à se répéter. Je ne veux pas que ça m'arrive, je ne veux pas briser la magie."

Une nouvelle menace très odorante

Reste que la star de The Walking Dead est fière du succès de la série. Sans doute parce que l'action n'y prend jamais le pas sur la psychologie des personnages. La saison 4 le verra d'ailleurs prendre du recul sur son rôle de chef des survivants, afin de se consacrer à la petite Judith, et à son frère aîné, Carl, "coupable" d'avoir tué un enfant à la fin de la saison 3. "Aucun père ne veut que son fils devienne un sociopathe", avance Andrew Lincoln dans une interview au site Collider. "Il va donc abandonner le leadership et laisser la brutalité du monde à d'autres"?

Tôt ou tard, pourtant, quelque chose nous dit que le shérif Grimes devra ressortir les flingues. Et prendre des décisions cruciales pour le groupe. Son interprète, comme ses partenaires, est bien évidemment tenu au secret. Et c'est avec pas mal d'humour qu'il évoque ses pires ennemis dans cette nouvelle saison. Les zombies ? Non, les cochons. "Lors d'une séquence bien précise, je me suis retrouvé entouré de porcs", raconte Andrew Lincoln. "Certains sont très gros et ils ont tendance à chier partout. Pendant quatre jours, je ne suis pas parvenu à me débarrasser de l'odeur". Du sang, de la sueur et des cochons... Les fans de The Walking Dead savent à quoi s'en tenir !