Quelles sont vos impressions après cette première semaine de matinale ?
L'impression la plus forte, c'est que je me suis énormément amusé. Surtout après avoir évacué la pression de la première, que j'ai eu l'impression d'avoir préparé depuis quatre mois - et même sur celle-là, j'ai trouvé ça chouette. C'est comme quand on s'achète une nouvelle voiture : on se met au volant, on se dit qu'on n'arrivera jamais à la conduire, et petit à petit on prend de plus en plus de plaisir.

Vous souhaitez donner une info pédagogique, accessible. Est-ce difficile compte tenu du nombre de sujets évoqués en trois heures ?
Nous avons construit une grille qui est assez claire et lisible. On n'attend pas la même chose du rendez-vous de 7 h 15 que de l'interview vérité de 7 h 45. Tout est très anglé. On détermine quel est le meilleur sujet pour la pédagogie, quel est celui sur lequel on veut polémiquer un peu... S'il y a une règles incontournable pour mener une matinale, c'est la rigueur. Aucune mauvaise nuit de sommeil ne peut servir d'excuse, il faut être carré.

Comment gérez-vous le temps imparti à un sujet, à une interview ?
J'ai tenu à ce qu'il y ait des rendez-vous assez longs : pour celui de 6 h 15, celui de 7 h 15, on a le temps, on a minimum 5 minutes, ce qui est beaucoup le matin. Dans l'interview vérité, on est plutôt sur 7 minutes. Il faut que ça aille vite, car le matin les gens ont besoin d'avoir l'essentiel assez rapidement, et d'un autre côté il ne faut pas qu'on soit dans une essoreuse permanente.

La pression des audiences pèse-t-elle sur vos épaules ?
Les audiences, on les a tous les deux ou trois mois, c'est une logique de long cours. Je n'arrive pas le matin en me posant la question, contrairement à la télé où ça tombe dès le lendemain. C'est essentiel, bien sûr, mais c'est périphérique, il ne faut pas se laisser parasiter par les audiences.

La radio, c'est un retour à vos premières amours ?
J'ai commencé sur RMC et c'est quelque chose que j'ai toujours beaucoup aimé. Sur Europe 1, c'est quand même un jouet formidable : tous les matins, pouvoir informer un maximum de Français, c'est très grisant. La radio, c'est intime, il y a un lien particulier avec l'auditeur. Avec les caméras en studio, on peut nous voir sur Europe1.fr, mais ce qui est génial, c'est qu'on peut s'assoir devant le micro sans se demander si on a les images, si on est bien rasé.... Il y a une souplesse inégalable.

Y'a-t-il des invités dont vous rêvez pour ces prochains jours ?
J'ai déjà cité Barack Obama et Jean-Jacques Goldman ! Mais comme j'aime beaucoup Goldman je ne suis pas sûr que je serais un très bon interviewer... Je ne suis pas à la recherche de signatures, mais d'invités qui sont cohérents et qui ont des choses à dire sur les sujets qu'on veut traiter. Après, si Nicolas Sarkozy ou François Hollande veulent venir sur Europe, ils sont les bienvenus. Je ne m'interdis aucun invité. Tout le monde est potentiellement le bienvenu sur la matinale d'Europe 1.

Quel est votre truc pour être au top dès 3 heures du matin ?
Je n'ai pas un truc, mais trois trucs : trois réveils ! Pour être franc, je n'ai pas encore trouvé le bon rythme. Je fais une sieste énorme, et le soir je regarde le plafond en me disant, tiens, il faudrait que tu dormes... Cet été, des copains m'ont envoyé des textos disant « c'est horrible, tu ne vas plus dormir ». J'avais l'impression que j'allais entrer dans les ordres ! Alors que pas du tout. Ou alors si c'est ça, les ordres, eh bien on s'y amuse beaucoup.