Insubmersible, disaient-ils. Le plus grand, le plus beau, le plus luxueux des paquebots, insistaient-ils. Le Titanic cumulait les superlatifs, et il les méritait. En entrant dans les grands espaces de Paris Expo, le visiteur fait un bond en arrière, direction la Belle Epoque, en l'an 1912 où les progrès industriels ont amené la construction de ce navire à la pointe de la technologie d'alors.

Une maquette au 1/50e permet de prendre la mesure du gigantisme, mais aussi de la beauté racée de l'engin, parti de Southampton le 10 avril 1912 à direction de New York, et englouti cinq jours plus tard en plein Atlantique nord. Même en maquette, le Titanic a toujours fière allure.

Le luxe de la première classe

On a vite envie de monter à bord, et c'est ce que le parcours propose en reconstituant une cabine de première classe. Imaginez la suite d'un grand hôtel classique, avec ses dorures, ses dentelles et ses coussins de velours rouge. Les vitrines montrent des articles de toilette, des lavabos, des flacons de parfum, des rasoirs ayant appartenu aux malheureux passagers, à peine ébréchés ou rouillés.

Les diverses salles de restauration proposent des menus raffinés : pendant que le Bottin mondain dégustait son rôti de caneton et son pudding Waldorf, les troisième classe (parqués dans des cabines pour quatre) se contentaient de bœuf et de pommes de terre. A titre indicatif, une suite de luxe en première classe coûtait l'équivalent de 77 245 euros, et un billet de troisième classe, 675 euros.

2 228 passagers, 705 rescapés

L'expo montre les visages de ces passagers, leur nom, leur profession, voire leur témoignage : sur les 2 228 passagers et membres d'équipage partis, seuls 705 ont été rescapés. Et on a beau savoir comment se termine l'histoire, on aborde la salle du naufrage avec appréhension. Des images de synthèse montrent comment le Titanic a contourné l'iceberg, pas suffisamment pour éviter la collision avec un éperon sous-marin. Les cinq cales censées être étanches se sont remplies d'eau. Le navire s'est brisé en deux avant de couler. Le visiteur est invité à toucher un bloc de glace : l'eau de la mer était encore plus froide, puisque l'eau salée ne gèle qu'à des températures négatives. 

Un site sous-marin en voie de disparition

Une dernière salle montre le site de l'épave, qui n'a été retrouvée qu'en 1985. Un film en 3D permet d'en faire le tour. Le bon état général des objets retrouvés – cartes postales et billets de banque compris – ne s'applique pas à la carcasse du navire, rongée par un microbe marin. Dans une quarantaine d'années, il n'en restera plus rien. Seules seront conservées ces assiettes en porcelaine, ces épingles de cravate, qui rappellent que le Titanic a réellement existé. En conjuguant le didactique, l'interactif, la science et l'émotion, l'expo, elle, réussit sa croisière. 


Titanic, l'exposition, jusqu'au 15 septembre à Paris Expo (8), porte de Versailles, Paris. Tarifs : de 12,90 euros à 15,90 euros.
Www.titanic-expo.com