Du pain sur la planche. Comme d'habitude, le générique de Top Chef 2013 annonce la couleur : la crise est là, et il faut faire attention. Donc lundi soir, sur M6, la soirée a commencé avec… du pain. La production nous l'a dit, rien n'est interdit. Les six candidats restants le savent. Au bout de l'épreuve, l'immunité et sa recette de sandwich en vente dès le 9 avril dans un réseau national de boulangerie. 45 minutes pour préparer "un plat d'exception", comme on aime le rappeler dans l'émission, autour du classique des tables françaises. Première surprise : on apprend que Yoni a fait des études de boulangerie. "Je devrais avoir l'avantage, mais si je perds j'aurais l'air de rien." Fabien, lui, veut cacher le pain. Jean-Philippe, malheureusement, devra cuisiner sans goûter, étant allergique aux farines. Florent, lui, souligne qu'il est "le Raymond Poulidor des immunités", comprendre qu'il arrive toujours deuxième. De toute évidence, l'homme à abattre ce soir est Joris. "Je vais le manger ce soir", sourit Florent. "La vraie guerre est commencée", souffle Cuisinator.

"Je suis dégoûté"

Et il n'a pas tort. Un peu trop d'assurance, des concurrents à couteaux tirés… Pour gagner l'immunité et son nom sur un sandwich, les cuisiniers sortent tout. "On sent que c'est chacun pour soi, mais personne ne me fait peur" ajoute Naoëlle. "Tu quittes la Hollande et, deux ans après, t'es ici. Pour moi, c'est énorme", rappelle Joris. Francis Holder, PDG du groupe éponyme (Paul, Saint-Preux, Ladurée, etc.), mène le jury. Et là, surprise n° 2 : l'immunité est sous enveloppe cachetée et le nom de la personne qui l'emporte ne le saura qu'à la dernière chance.

Aux épreuves de groupe, maintenant. Le 1er groupe va suer devant des chefs étoilés, le groupe 2 suera devant des chaudrons après une nuit sous les étoiles. Au 1er trio, qui doit présenter un menu à un jury de 8 chefs 3 étoiles. Et pour un budget de… 7 euros par tête. Et histoire de mettre un peu plus la pression, seuls les deux cuisiniers ayant le ticket de caisse le moins élevé auront le droit d'œuvrer. Joris, Fabien et Jean-Philippe courent les rayons du supermarché. "Est-ce qu'on peut manger du caviar tous les jours ? Non. Est-ce qu'on peut transformer un produit en quelque chose d'exceptionnel ? Oui." Jean-François Piège pose les choses. "C'est important de prendre des risques", rappelle Joris. Pas de pot, il n'ira pas en cuisine à cause d'une note de 97,15 € (contre 74,26 € et 81,66 €). "Je suis super dégoûté." Mais Jean-Philippe le prend comme commis. Ce qui réduit son temps de cuisson de 4 heures à 2 heures. Et donc, avant de commencer, il est obligé d'observer Fabien cuisiner deux heures durant. Non sans le titiller. Mal lui en prend, car les jury prestigieux est sans appel : Fabien l'emporte à l'unanimité. "J'ai gagné là, contre eux deux. Je ne crains plus personne", lance Fabien.

"La Pocahontas des Flandres"

Au groupe 2 maintenant. Yoni, Naoëlle et Florent passent la nuit sous une tente en pleine campagne. "C'est Shining, là", s'inquiète Yoni. Non, une tente grand luxe dans une ferme, où ils sont accueillis avec une potée maison. Certes, il y a une souris… Le lendemain, surprise n° 3 : il faut cuisiner sur un feu avec un chaudron. Et "revisiter" (autre mot référence de Top Chef) la potée de la veille. Yoni a fait scout : "Le feu, c'est mon truc. Mon meilleur ami, c'est lui." Et hop, c'est parti pour une course en brouette. Les chefs ont du mal à atteindre le garde-manger. Une fois les feux difficilement allumés, cuisiner loin des pianos modernes n'est pas simple. "Si je gagne, ce sera une énorme fierté personnelle", déclare Naoëlle. Florent, lui, est (encore) en pleine admiration de la nature. "Je suis la Pocahontas des Flandres." Sauf que là, c'est la Normandie. Après dégustation, c'est le menu de Yoni qui l'emporte. Florent est sauvé par les chefs.

L'épreuve de la dernière chance est désormais une explosion de talents. Et de gnaque. Naoëlle, Jean-Philippe et Joris ne lâchent pas prise autour des pâtes. "Pour moi, c'était un match très important, souligne Joris. Il faut montrer les sentiments, l'amour sous l'assiette." Et de faire un plat plus simple que d'habitude. Naoëlle est perdue car elle n'a jamais fait de pâte à pâtes. "C'est honteux à ce stade-là. Je veux pas partir sur ça." Quant à Jean-Philippe, il fait "un plat de mama" malgré son allergie. "Je suis l'outsider", avoue le Belge. Surprise n° 4 : l'immunité de la première épreuve va à Florent. "La cuisine, c'est comme un sport de haut niveau, tu donnes tout", affirme Joris.

Cuisinator part

Mais ce lundi soir, il échoue aux pieds du Top 5. "Ce sont des pâtes de régime, explique Jean-François Piège. C'est très bon, mais elles ne sont pas cuisinées." Le choc est grand : le favori des candidats et des chefs part. "J'aurais jamais cru que je pouvais partir déjà", s'étonne Cuisinator. "C'est exceptionnel. C'est un grand cuisinier", avance Thierry Marx. "Je trouve que je suis plus fort que Jean-Philippe et Fabien. Mais c'est un jeu, ce n'est pas toujours le meilleur qui gagne. C'est comme ça. Je l'accepte. Tout ce que j'ai montré n'a pas payé. Je ne vais jamais arrêter la cuisine." "Ça fait chier", râle Florent. "Je suis fier de tout ce que j'ai fait ici", clôt Joris, désormais reparti en Hollande. Cuisinator sera regretté.