Pour son tournage homérique qui a ruiné l'équipe

Tati a fait construire ce que l'on appellera "Tativille", reproduisant une ville à l'architecture ultramoderne. Dans ce décor impressionnant, un groupe de touristes américains venu visiter Paris croise M. Hulot, incarné par le cinéaste, venu dans des bureaux pour un entretien mais qui se perd dans l'immensité du bâtiment. Au gré de ses déambulations, M. Hulot va se trouver embarqué dans un Paris ultramoderne. "Le tournage a duré trois ans et a coûté six fois plus cher que le budget prévisionnel", dit Jérôme Deschamps, petit cousin du cinéaste et gérant des Films de mon Oncle, qui restaure et réédite les films de Tati. "Ça a mis sur la paille les producteurs et Tati, et cela a fait que les films ont été saisis après."

Pour sa restauration avec les dernières techniques de pointe

Le film a déjà fait l'objet d'une restauration en 2002, année où il a été projeté à Cannes. Douze ans plus tard, cette oeuvre à part revient en 4K, soit en ultra haute définition, qui a permis d'aller encore beaucoup plus loin avec l'évolution des techniques. Dans ce film, "le son est une œuvre à part entière", assure Jérôme Deschamps. Pour sa compagne Macha Makeieff, il faut même "écouter PlayTime. Les voix et les grincements, les sons mécaniques, électriques, caoutchouteux. C'est là sa vraie sensualité", dit-elle dans un texte de présentation.

Pour savourer un classique devenu très contemporain

Pour Vincent Paul-Boncour de Carlotta Films, qui distribue le film en salles, PlayTime fait partie de ces rares films de l'histoire du cinéma qui deviennent un classique bien après sa sortie. "Il est devenu plus important aujourd'hui qu'à l'époque". La preuve, en 2002, pas moins de 200 000 fans avaient revu PlayTime. Ils pourront bientôt revoir d'autres films de Tati en haute définition puisque son oeuvre complète, dont Jour de fête, Mon oncle et Parade, ressortira dans les salles le 6 août.