Pour sa construction chorale

Un petit incident peut avoir des conséquences catastrophiques. Pour ses 40 ans, Hector (Jonathan Paglia) organise un barbecue dans son jardin, avec sa famille aimante, ses amis, et la baby-sitter de 17 ans avec qui il flirte dangereusement. Son cousin, Harry, gifle soudain le fils insupportable d'un couple d'amis. Les parents portent plainte. Et l'harmonie de façade se fissure... Chaque épisode est consacré à l'un des personnages, à son histoire et aux conséquences de cette simple gifle, avec beaucoup de finesse. On se dit souvent : "tout ça pour ça !" Mais le mal est plus profond.

Pour ses personnages à fleur de peau

Le but de La Gifle n'est pas tant de prendre parti pour un camp, que de mesurer les profondeurs de l'âme humaine et ses contradictions. Comme dans les grandes séries psychologiques type Six Feet Under, l'accent est très porté sur les relations familiales. Qui commande : les parents ou les enfants, le mari ou l'épouse ? Le couple Hector-Aïsha aborde la crise de la quarantaine, le couple Manolis-Koula représente la difficulté d'intégration d'immigrés grecs dans une Australie qu'ils ne comprennent pas, le couple Rosie-Gary sombre dans l'hystérie... Même les seconds rôles ne sont pas innocents.

Parce que ça se passe à Melbourne

Et ça nous change de New York ou Los Angeles ! Le temps est radieux, les maisons sont modernes, il y a une piscine dans chaque grand jardin, tout le monde a l'air bien loti. Rien de tel que cette ambiance Desperate Housewives pour distiller le malaise. Christos Tsolkias, l'auteur du roman dont est tiré la série (édité en France chez Belfond), sait de quoi il parle : lui-même fils d'immigrés grecs, il vit à Melbourne dont il décrit les tensions communautaires et la violence rentrée. Tout ce qu'on retrouve dans La Gifle, porté par des acteurs parfaits.

A voir :
La Gifle, jeudi 5 septembre à 20 h 50 sur Arte puis tous les jeudis.
La série est déjà disponible en coffret DVD chez Arte Vidéo.