A l’initiative du magazine spécialisé "Zoo", et en partenariat avec le Festival International de la bande dessinée, un "speed dating" version BD était organisé vendredi soir (29 janvier) à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI).

L'objectif : multiplier les contacts entre scénaristes, dessinateurs, petits et gros éditeurs, parmi lesquels les maisons Dargaud, Dupuis, Le Lombard ou encore Ankama.

"C'est tellement dur pour les jeunes d'approcher les maisons d'édition et de s'y retrouver dans ce secteur difficile d'accès, que nous avons voulu leur donner un coup de pouce, explique Geneviève Mechali-Guiot, chargée de communication de "Zoo" et en partie à l'origine de cette initiative, qu'elle espère pouvoir renouveler sur Paris.

"Beaucoup d'écoles d'art proposent désormais des enseignements BD, et d'une manière générale, de plus en plus de personnes rêvent de travailler dans ce secteur. Résultat : c'est la jungle. Alors, quelques conseils avisés de la part de professionnels ne sont pas superflus."

Une bonne centaine de personnes (le nombre de places étant limité) ont ainsi joué le jeu de ces rencontres chronométrées. Book à la main, Lise, jeune habitante d'Angoulême, attend son tour. "Pour l'instant, j'attends surtout des conseils, car je ne sais pas du tout si mon travail est susceptible d'intéresser.

Certains m'ont déjà éclairé, ce qui devrait m'aider à mieux cibler et à moins aller dans tous les sens." Sa voisine, une Parisienne, est en grande discussion avec une petite maison d'édition. "Mon rêve serait de percer dans le manga, mais c'est pas facile", reconnaît-elle.

Plus loin, Olivier, scénariste en herbe, enchaîne les entretiens avec des dessinateurs : "J'aimerais trouver un ou une partenaire avec qui j'aurai des affinités pour pouvoir lancer un projet à deux en vue d'une publication", raconte-t-il.

Soulky, 29 ans, qui travaille en région parisienne dans l'import-export de musique japonaise, est lui aussi en quête de reconnaissance : "Je me suis à mi-temps cette année pour travailler sur mes dessins. Je viens ici pour en savoir plus sur la façon dont il faut procéder."

Téméraires, certains ont fait des milliers de kilomètres, comme Catherine, Raphaël et Alexandre Morellon, fratrie de Saint-Paul-de-La-Réunion. Une maquettiste, un scénariste, un dessinateur : un sacré trio, qui semble satisfait de ces entretiens à la chaîne. 

"En regardant notre projet, une histoire de pirates qui se passe au XVIIe siècle, beaucoup de professionnels nous ont déjà conseillé d'aller voir Delcourt, qui est un gros éditeur. Un signe encourageant, mais on n'est pas au bout de nos peines. Il faut continuer à démarcher. On va tout faire pour que ça aboutisse !"