Si je vous dis que c’est surprenant de vous voir dans un festival de film fantastique, vous le prenez comment ?
Je vous comprends complètement ! Je suis là parce que Claude Lelouch m’a embarquée. Pour être honnête, je n’aime pas trop le genre. Je ne suis pas du tout fan de ce qui est gore. Je préfère les oeuvres plus psychologiques comme Le silence des agneaux ou Les autres, les films de Cronenberg, Kubrick ou Hitchcock…

Quelle a été votre première grande frayeur au cinéma ?
Shining ! Je n’ai pas pu regarder la fin. Si je fouille dans ma mémoire, il doit sûrement y avoir également Amityville : la maison du diable. Mais encore une fois, je ne suis pas cliente de films d’horreur. C’est une souffrance de les voir. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il faut se greffer un autre cerveau pour y résister. (petite réflexion) Je ne sais pas si je serais capable de jouer dans un film d’horreur. Un Dario Argento pourrait à la limite me faire marrer.

Etre membre du jury, c’est du coup une forme de thérapie…
(elle coupe) Je suis curieuse ! J’aime les acteurs, les metteurs en scène. Cela dit, dès les premières séances, j’ai hurlé en m’accrochant au blouson de Claude Lelouch (rires).

Evoquons justement votre collaboration avec Claude Lelouch. Tourner en Inde pour les besoins de Un+Une, ça vous a changée ?
Oh oui… Tenez, regardez mes bracelets… (elle en montre environ cinq accrochés à son poignée). Ils viennent de là-bas. C’était un cadeau ce film, de A à Z. Jean Dujardin et moi avions vraiment envie de tourner, loin de tout, dans un film d’amour de Claude Lelouch. Un+Une m’a offert ce que j’aime au cinéma : la magie de la liberté, une expérience sans filtre. Je crois qu’il n’y a jamais de hasard dans les rôles qu’on joue. Celui-ci est l’un de ceux qui me ressemblent le plus. Quelque part, ça a été un tournant. Je me demandais même comment j’allais rebondir après.

"On va organiser une projection à l'Elysée pour François Hollande"

Mercredi matin, la liste des nommés pour les César 2016 a été révélée. Comme Jean Dujardin, Christophe Lambert ou Claude Lelouch, vous n’y figurez pas. Comment l’avez-vous vécu ?
Ca a été une journée un peu brutale, j’avoue. Je trouve ça injuste. Je crois qu’il y a aussi une raison : on ne figurait pas dans le coffret des César, notre film étant sorti le 9 décembre. Du coup, ça nous a enlevé beaucoup de chance. Mais ça m’a déçue et rendue un peu triste, ça m’a fait de la peine. Le film a fait un million d’entrée, a reçu de très bonnes critiques, a plu au public… Jean et Claude méritaient d’être nommés. On a comme l’impression d’être exclus de la fête. Vous savez, Arnaud Desplechin m’a dit que Un+Une était son film préféré de l’année et qu’il avait voté pour nous. C’est une bonne nouvelle. Je suis par ailleurs nommée dans la catégorie Meilleure Actrice aux prix Lumière, ça fait plaisir.

Vous avez tout récemment accompagné (avec Nicolas Saada et Marjane Satrapi, ndlr) le président François Hollande lors d’un déplacement en Inde… A-t-il vu Un+Une ?
Non, il ne l’a pas vu. On va organiser une projection à l’Elysée. Quant à ce voyage, il était très agréable. J’étais ravie et honorée d’accompagner François Hollande. En plus, revenir à l’ambassade de France en Inde exactement un an après le tournage était très symbolique.

Dernière question… Puisqu’on est Gérardmer et qu’il est question de peur, qu’est-ce qui vous effraie le plus dans votre métier ?
La médisance, la méchanceté. On en souffre toujours. Ce métier peut être brutal.

A LIRE AUSSI >> Notre coeur bat pour Un+Une, le dernier Lelouch