Il n’est plus question ici ni de caméra cachée ni de représentation de l’artiste de 28 ans déchu et errant dans les rues de Bruxelles. Pour ce deuxième clip, annonciateur de son nouvel album, Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver, a joué une carte plus classique. Le thème abordé n’en reste pas moins personnel et le traitement décalé. A l’image du jeu de mots ironique contenu dans le titre, la chanson revient sur les difficultés relationnelles entre parent et enfant. Et c’est un automate qui incarne la figure du père absent.

Dans une interview à Afriquinfo.com, Stromae confiait avoir été inspiré par la figure de son propre père "coureur et dragueur. J’ai appris bien après que j’avais des demi-frères et des demi-sœurs. Il était architecte et faisait des allers-retours entre la Belgique et le Rwanda. J’ai dû le voir vingt fois dans ma vie et il est mort pendant le génocide rwandais. Mais il avait déjà disparu pour moi."

Sous le signe du métissage

Ce deuxième album de 14 titres joue sur le contraste entre textes noirs et mélodies entraînantes. Le métissage est tout autant musical entre électro, fusion africaine et cubaine. Enfin, une autre figure titulaire n’est jamais bien loin en la personne de Jacques Brel. Stromae continue ainsi à tracer sa propre voie originale dans le paysage musical belge. Rappelons que son premier album Cheese, Victoire de l’album de musiques électroniques en 2011, s’était vendu à 200 000 exemplaires et son tube « Alors on danse » à trois millions.

Dans une interview à Elle, le chanteur explique ses choix artistiques forts, aussi bien au niveau sonore que visuel en ces termes: "J’ai tout gardé : les beats qui tapent de la trap music (la nouvelle techno), le hip-hop, les guitares de rumba congolaise, les percus africaines. Et, pour mes costumes de scène et de clip, on a croisé le wax avec le style anglais. Je suis très maniaque, il me fallait une justification, une trame de base à tous les visuels." Stromae débutera une tournée cet automne pour la promotion de ce nouvel opus.