Septembre 2012, Grand Rex de Paris. L'excitation est à son comble avant le début du concert de Woodkid. De Martin Solveig à Olivia Ruiz, en passant par Jean-Charles de Castelbajac, de nombreuses personnalités se pressent dans la salle pour voir en vrai celui qui fait le buzz depuis plusieurs mois avec le clip dantesque du titre "Iron", déjà vu par 19 millions de personnes sur YouTube. A la sortie du show, tout le monde salue une prestation ébouriffante, un croisement inédit entre pop, musique classique et BO épique de films.

Derrière toute cette frénésie se cache Yoann Lemoine, un Français aux allures de petit prodige, adoubé par son amie Lana del Rey qui lui a confié la réalisation de son clip Born to die. Son premier grand concert à Paris s'est d'ailleurs joué à guichets fermés six mois avant la sortie de son album, une preuve supplémentaire que l'univers du jeune homme suscite une très grande curiosité. "On a voulu prendre l'industrie musicale à rebrousse poil et décider d'offrir du contenu au public avant même la sortie de l'album, nous explique l'intéressé, qui vient de fêter ses 30 ans. Et puis quand on a le temps, ça permet de faire des choses encore plus grandes."

Des cavalcades rapides et puissantes

Du temps, le jeune chanteur en a eu pour épater tout le monde. Après avoir grandi à Lyon, où il suit une formation de dessinateur, Yoann se destine à une carrière dans l'animation. Son talent tape dans l'oeil de Yelle, Moby, Katy Perry et Taylor Swift, qui lui commandent des clips. Installé à New York depuis 2007, le garçon entame alors le projet parallèle Woodkid, où il va pouvoir laisser libre cours à son imagination débordante. "J'ai toujours fait de la musique comme un passe temps, un échappatoire personnel, confie Yoann. J'ai commencé par faire des maquettes par curiosité, parce que j'aime bien tenter des choses pour voir si j'en suis capable."

Son credo : transposer en musique les émotions qu'il a ressenties en découvrant le travail de Spielberg, Scorsese ou Kubrick. "Je voulais une musique d'images, imaginer des cavalcades rapides et puissantes, des références religieuses et martiales. Je rêvais d'arrangements épiques, où l'on pourrait se croire dans un grand film d'amour, ou d'action."

Madonna le voulait

D'où l'univers visuel très marqué de Woodkid, que l'on retrouve dans ses clips, toujours grandiloquents et dans son premier album, The Golden Age, qui sort enfin aujourd'hui. "Je suis un fan du divertissement au sens le plus large, explique t-il. Quand j'étais gosse, j'adorais le cinéma dynamique, les écran à 360 degrés et les montagnes russes. Je voulais retrouver dans ma musique cette immersion totale dans l'émotion et l'expérience."

Aujourd'hui, tout le monde s'arrache les talents de Woodkid, de Madonna aux Rolling Stones, en passant par Black Sabbath. "Je dois refuser beaucoup de propositions pour me consacrer à mon projet. Je ne suis pas dépassé artistiquement, mais je suis quelqu'un d'assez réservé et timide, donc j'ai un peu de mal à appréhender tout cet emballement médiatique. Mais je suis capable d'arrêter la machine si ça va trop loin." Rien n'est moins sûr.

Woodkid en tournée dans toute la France jusqu'au 21 février, au Zénith de Paris le 7 février 2014.