Micro à la main, François Fillon s'assied... sur une table. "J'ai une cheville un peu fragile, explique-t-il aux centaines de militants agglutinés mardi soir dans la salle des Fêtes de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Cela ne vous étonnera pas car c'est la cheville gauche : elle a besoin de beaucoup de rééducation". Bons mots, confidences sur les photos du général de Gaulle qui tapissaient sa chambre d'ado... François Fillon, souvent accusé de n'être pas assez proche des militants, joue la décontraction. Mais son exposé sur "le redressement de la France", réquisitoire contre la gauche au pouvoir, fait sans cesse référence à son vécu de Premier ministre au côté de "Nicolas" : c'est son principal atout, l'expérience, qui parle. "Il a la stature d'un homme d'Etat", s'enthousiasme, Maxence, 22 ans, un badge  "Team Fillon" au revers de la veste.  

Même soirée, à une vingtaine de kilomètres de là, Jean-François Copé tient sa réunion publique dans le Val d'Oise, à Franconville. La salle pleine à craquer (900 personnes, nous dit-on) l'accueille comme une rock star. Si le maire de Meaux assure que l’élection du 18 novembre n'est pas une mini-primaire pour 2017, les militants eux, y croient : "Copé président" ! scandent-ils en chœur. Pendant plus d'une heure, le patron de l'UMP va assurer le show, jonglant entre anecdotes, souvenirs de l'ère Sarkozy et critiques de la gauche. A l'applaudimètre, le racisme anti-blanc et la polémique du petit pain au chocolat l'emportent. Fillon à la tête de l'UMP ? L'idée "dérange" Antoinette, assise au troisième rang : "Il est trop dans le consensus", juge la retraitée.

"Sur les programmes, ils sont d'accord" 

A Saint-Mandé, l'ex-chef du gouvernement a aussi ses fans. "On adore Fillon parce qu'il est posé, pas hargneux", confient Michèle et Juliette. Les deux sexagénaires, qui tentent d'approcher leur champion à sa sortie de scène, attendent avec impatience le débat télévisé de jeudi : "Il va permettre de convaincre les derniers hésitants". Comme Christian, 73 ans, qui a du mal à faire son choix. "Sur les programmes, en gros, les deux candidats sont d'accord, constate-t-il. Ce sont surtout deux personnalités qui s'affrontent. L'une jeune et dynamique, l'autre beaucoup plus réfléchie."

D'après les enquêtes d'opinion, François Fillon a une bonne longueur d'avance sur son rival. Jean-François Copé, "l'homme de terrain", balaie d'un revers de main ces "trucs" qui ne sondent que les sympathisants. "Qu'est-ce qu'il est bon !, s'exclame une militante, encore émue par sa prestation du soir. J'espère que le débat va permettre de montrer que Fillon ne fait pas le poids." La balance rendra son verdict ce soir.