Les favoris :
Allemagne
Finaliste du Mondial 2002, troisième du Mondial 2006, finaliste de l'Euro 2008, troisième du Mondial 2010... L'Allemagne a de quoi faire peur dans cet Euro : non seulement elle peut s'appuyer sur des résultats pour le moins encourageants ces dernières annés, mais, ayant toujours manqué le coche d'un cheveu, elle débarquera en outre en Pologne et en Ukraine avec une faim de trophées sans égal. Ce ne sont même pas ses seuls arguments : la Mannschaft a gagné chacun de ses 10 matchs de qualification, et ses leaders techniques, tels que Neuer, Lahm, Khedira, Schweinsteiger, Müller, Özil et Gomez, en plus d'être à la fois jeunes et expérimentés, ont tous réalisé une saison brillante. Et comme si tout cela ne suffisait pas, le sélectionneur Joachim Löw, disposant d'un réservoir immense de jeunes talents, a pu intégrer quelques pépites à la bande de 2010 : Götze et Reus. Un gros point faible cependant : la friabilité défensive affichée au cours des derniers matchs (les joueurs susmentionnés évoluent tous à des postes offensifs), dont un 3-3 en Ukraine en novembre dernier, une défaite à domicile contre la France fin février (1-2), mais surtout un inquiétant 3-5 récemment concédé contre la Suisse. C'est donc dire si les Mertesacker, Boateng et autre Badstuber devront faire preuve d'une concentration maximale, sous peine de devenir des boucs-émissaires idéaux.
Pays-Bas
On avait laissé les Pays-bas sur un drôle de paradoxe. La finale du Mondial 2010 perdue (1-0 après prolongation) contre l'Espagne était à la fois synonyme de splendeur ancestrale retrouvée et d'intentité perdue : les inventeurs du chatoyant football total, toujours en vigeur du côté de Barcelone, s'étaient alors mués en tâcherons froidement réalistes et violents pour renouer avec le succès. Mais, depuis, les temps semblent avoir changé, avec 27 points sur 30 glanés en qualification, tout en inscrivant la bagatelle de 37 buts. En effet, si le tandem de sentinelles hargneuses Van Bommel-De Jong sera toujours là pour faire le sale boulot, c'est bien du côté de sa défense que se situent les inquiétudes du sélectionneur Bert Van Marwijk, lequel a pu constater que la charnière Mathijsen-Heitinga, devant un très irrégulier Stekelenburg aux cages, sont loin d'offrir les garanties suffisantes pour renouveler l'aventure du dernier Mondial. Même si la blessure de son classieux meneur de jeu Wesley Sneijder lors du dernier amical, contre la Slovaquie, doit également le tracasser. Pour le reste, c'est-à-dire devant, il n'a que l'embarras du choix, avec Robben, Kuyt, Affelay ou Van der Vaart aux postes de milieux offensifs. Tandis que le meilleur buteur du championnat anglais, Van Persie (30 buts avec Arsenal), et celui du championnat allemand Klaas-Jan Huntelaar (29 buts avec Schalke 04), se disputeront la pointe de l'attaque.
L'outsider :
Portugal
Le Portugal a bien quelques arguments à faire valoir dans ce "groupe de la mort" : un excellent gardien (Rui Patricio), une charnière de haut niveau (Pepe-Bruno Alves), l'un des tous meilleurs latéraux du monde (Coentrao), une pépite pétrie de talent (Nelson Oliveira, 20 ans), et deux ailiers de classe mondiale (Nani et Cristiano Ronaldo). Sauf qu'une équipe habituée à se ramasser lamentablement après avoir entretenu les espoirs les plus fous aurait eu tout intérêt à faire le plein de confiance avant de se confronter à deux mastodontes dès le premier tour. Or, ce n'est pas vraiment le cas : après une qualification arrachée en barrage, la Selecçao a complètement raté sa préparation, avec deux nuls sans but face à la Pologne et la Macédoine, puis un naufrage à domicile contre la Turquie (1-3), affichant chaque fois des lacunes rédhibitoires dans tous les secteurs de jeu. Et c'est donc sous les sifflets assourdissants d'un Estadio da Luz où ils n'avaient plus perdu depuis la finale de l'Euro 2004 que les Lusitaniens se sont envolés pour l'Euro. Avec le trouillomètre à zéro, donc.
Le figurant :
Danemark
Dans un tel groupe, n'avoir rien à perdre n'est pas qu'un privilège, c'est un luxe. Et les Danois ont toujours adoré cela, eux qui avaient remporté l'Euro 92 alors qu'ils n'étaient même pas parvenus à se qualifier, repêchés suite au désistement d'une Yougoslavie en guerre, tel un lucky loser bénéficiant d'un forfait de dernière minute à Roland-Garros. Ils pourront cette année s'appuyer sur une stabilité rarissime à ce niveau, avec un sélectionneur, Marten Olsen, en poste depuis 12 ans, et une équipe aux cadres inchangés depuis 2010, parmi lesquels les deux stars Bendtner et Erikson, et la colonie d'Evian Thonon-Gaillard (Wass, Poulsen et Kahlenberg). Dernier Mondial durant lequel le Danemark avait été éliminé au premier tour : un argument de plus pour créer la surprise.






























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