Jessica Chastain se souviendra longtemps de sa première visite à Cannes. L'an dernier, cette comédienne californienne, inconnue du grand public, était la star féminine de « Tree of Life », la Palme d'Or cosmique de Terrence Malick. Mais aussi de « Take Shelter », le premier long-métrage de Jeff Nichols, récompensé par le Grand Prix de la semaine internationale de la Critique. « Longtemps, j'ai joué de malchance, confie l'intéressée. Les projets sur lesquels je misais ne trouvaient pas de distributeur. Voire ne se faisaient pas du tout ».
Depuis, Miss Chastain ne quitte plus les écrans. On l'a revu dans « L'affaire Rachel Singer », « Killing Fields », ou encore « La couleur des sentiments », l'adaptation à succès du roman de Kathryn Stockett. De quoi revenir sur la Croisette avec une bonne dose de confiance supplémentaire. On se rappelle qu'il y a douze mois, Jessica Chastain avait fondu en larmes lors de notre interview. « J'étais si timide et nerveuse », reconnait-elle aujourd'hui. « Heureusement qu'il y avait Brad Pitt pour me tenir la main jusqu'au tapis rouge. Cette année, je suis nettement plus détendue. »
Et de nouveau en compétition avec « Des hommes sans loi », peinture sanglante de la prohibition réalisée par l'Australien John Hilcoat sur un scénario du rockeur anglais Nick Cave. Elle y interprète Maggie, une ancienne danseuse de Chicago qui fait battre le cœur de Forrester (Tom Hardy), le cadet de la fratrie Bondurant, célèbres trafiquants d'alcool de l'Etat de Virginie. « C'est une femme qui a grandi dans un monde de violence, explique Jessica Chastain. Elle a l'habitude d'être entourée d'hommes qui la désire. Et lorsque Forrester lui résiste, elle se retrouve dans une position assez inattendue. »
Robe moulante, coiffure vintage et poses de femme fatale, la comédienne s'est glissée sans mal dans ce film de genre à l'ancienne. Ou presque. « J'ai un accent californien très prononcé et j'ai du travailler avec un coach pour acquérir celui de Chicago. John Hilcoat m'a aussi fait regarder plein de classiques des années 1930 comme « Les anges aux figures sales », de Michael Curtiz, ou « Le Petit César », de Mervyn Leroy. » Bref tout un pan de l'histoire du cinéma américain où le sang et les larmes faisaient jeu égal avec le charme et l'humour. « On me parle beaucoup de la violence du film », observe Jessica Chastain. Mais pour moi c'est avant tout une romance. Aussi brutale soit-elle. » On n'osera pas la contredire.



















