De bises en poignées de main, de marchés en pots de l’amitié, Camille de Froment bat la campagne sans relâche. A 28 ans, elle se présente dans la 1re circonscription de la Creuse, sous l’étiquette UDF-MoDem. C’est la benjamine de la formation de François Bayrou. Le grand saut, elle l’a fait au lendemain de la présidentielle, après avoir répondu à une petite annonce : “J’ai envoyé mon CV et une lettre de motivation, et j’ai été retenue”, raconte-t-elle. Journaliste pour Le Magazine de la santé, la jeune femme a mis sa vie professionnelle entre parenthèses et a emprunté 5 000 euros pour financer sa campagne.

Camille de Froment file au supermarché. Objectif : trouver de la colle pour ses affiches avant d’aller les placarder. “Une campagne électorale, c’est d’abord beaucoup de débrouillardise. J’ai embrigadé tous mes proches : ma mère assure l’intendance générale, mon frère s’est chargé de la photo officielle, et mes amis viennent en renfort pour la distribution de tracts.”

Dans un département où un quart des personnes a plus de 60 ans, l’irruption de
cette jeune pousse de la génération orange ne laisse pas indifférent. “Vous ressemblez à ma petite-fille… Que vous êtes jeune !” lui lance une dame sur le marché de Bourganeuf. “Je fais du porte-à-porte et je privilégie la politique autour d’un verre, au contact des gens”, assure la candidate. Jusqu’à dimanche, le programme est chargé : derniers marchés et réunions publiques à Guéret et à Bénévent l’Abbaye. Histoire de vivre jusqu’au bout “cette formidable aventure”.