Mettre fin au piratage sur Internet en France, c'est un peu les douze travaux d'Hercule. Dans l'Hexagone, le nombre de personnes contrevenant à la législation sur les droits d'auteurs, qui téléchargent ponctuellement ou régulièrement, est estimé à 5 millions. Hadopi, c'est une équipe de 23 employés (d'ici la fin de l'année). Inutile de dire qu'elle ne pourra s'attaquer à l'ensemble des pirates. "Si vous voulez aller à la pêche au maximum de pirates, vous n'allez sans doute pas rechercher le type le plus pointu en free jazz ou en musique contemporaine. C'est une réalité", a reconnu Bernard Miyet, président du directoire de la Sacem. Les méthodes de contournement, légales ou illégales, se mettent en place.

1. Des réseaux pirates moins populaires
Hadopi ne s'en cache pas : elle se concentrera uniquement sur les réseaux Peer-to-Peer comme eMule ou Bittorrent. D'autres réseaux seront laissés de côté... Parmi eux, les sites de direct download (rapidsahre, megaupload, etc.), les newsgroups (système de forums) ou encore les VPN (réseaux privés virtuels, souvent accessibles par abonnement).

2. Le streaming
Hadopi s'attaque au téléchargement mais rien n'est prévu pour lutter contre un autre système de piratage du contenu : le streaming. Il s'agit de ne plus télécharger du contenu mais simplement à le lire depuis un site Internet sur son ordinateur. Une fois le visionnage terminé, rien ne subsiste sur le disque dur. C'est le pendant illégal de la vidéo à la demande. En plein essor, ce système n'est pas encore traqué par la législation française. Une zone grise subsiste.

3. L'adresse IP masquée
Pour lutter contre les pirates, le principe est de traquer les adresses IP des contrevenants - jugées comme une donnée personnelle - et de demander aux fournisseurs d'accès Internet de dévoiler l'identité de la personne utilisant cette adresse IP. Certes, mais il existe des moyens pour masquer cette adresse IP, ou en afficher une autre que la sienne. Pour cela, les pirates utilisent des serveurs de proxy (plus ou moins fiables) ou des  logiciels comme TOR, développé par une association de défense des libertés sur Internet.

4. Les hotspots publics... et les autres
Si Hadopi introduit un volet répressif pour négligence, on peut penser que l'ensemble des hotspots publics ne seront pas sécuriser immédiatement. Il suffit de se rendre à proximité de ces connexions WiFi ouvertes (bars, café, restaurants, hôtels, lieux publics...),  de se connecter et de trouver le système de téléchargement illégal qui n'a pas été interdit par l'administrateur. En outre, il existe sur le Internet des modes d'emploi pour "cracker" la clé WEP de n'importe quel réseau WiFi sécurisé en moins de 15 minutes. 

5. Le VPN anonyme
Il existe des systèmes gratuits ou payant. Le VPN consiste à mettre un serveur entre soi et le site qu'on utilise pour télécharger. Ce serveur change l'adresse IP et rend impossible toute remontée à l'adresse IP originelle. Certains services fonctionnent sur abonnement (de l'ordre de 5 euros par mois, comme celui créé par les fondateurs de ThePirateBay.org) tandis que d'autres sont gratuits mais nécessitent le plus souvent des connaissances informatiques. 

6. Le streaming légal... illégal
Attention concept un peu complexe. Il s'agit de streamer (lire sans télécharger) des vidéos à partir de plateformes légales situées à l'étranger depuis la France. Ces sites, tels le service américain Hulu.com, diffusent légalement et gratuitemement des séries et films aux citoyens américains uniquement. Mais il est possible de contourner cette limitation en utilisant un service proxy qui donnera l'impression à la plateforme que l'ordinateur est situé aux Etats-Unis. Inconvénient : le contenu est en anglais.

7. Le choix d'un contenu "alternatif"
A priori, les personnes qui ne téléchargent que modérément ou qui téléchargent des contenus déjà un peu anciens ou peu populaires ne seront pas inquiétés. Hadopi ne va s'attaquer qu'aux 200 films et 10.000 chansons les plus populaires. Cela laisse de la marge aux pirates entre les films des années 70-80-90 et la musique des 50's en passant par les longs métrages sud-coréens sous-titrés.

8. Les réseaux P2P cryptés et le Friend To Friend
Bien plus sécurisés que eMule ou les sites de Bittorrent, les réseaux P2P cryptés (Kommute, Winny, Marabunta, Perfect Dark, GigaTribe...) ont encore de beaux jours devant eux. Un autre système se base sur le Friend to Friend, l'échange en proches. Son représentant le plus connu est OneSwarm. Le principe est d'échanger des fichiers avec des personnes de son entourage (amis, collègues, famille) en comptant sur le fait qu'aucun d'entre eux ne vous trahira. Tout se joue sur la confiance.

9. Du gratuit... légal
Tant au niveau musical que cinématographique, il existe des sites qui proposent du contenu gratuit et tout à fait légal. Des services de streaming de musique comme Deezer, Spotify, Goom, Jiwa ou encore Jamendo en sont un bon exemple. Pour les films aussi, des sites existent, comme Onf.ca ou Cinezime.com. Enfin, de plus en plus de chaînes TV (TF1, M6, Canal +, etc.) proposent des flux en direct gratuits et des rediffusions d'émissions, de séries ou de films.

10. Le tout pour le tout
Statistiquement, la probabilité de recevoir un jour un courrier d'Hadopi reste faible. Certains vont donc continuer comme avant jusqu'à attendre le recommandé.Par ailleurs, même une fois repérés par Hadopi, certains n'hésiteront pas à aller jusqu'à la contestation et donc le tribunal. Si tous les suspects font de même, un engorgement des tribunaux est à prévoir... Une manière comme une autre de contourner Hadopi.

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NB : la plupart des méthodes listées ci-dessus sont illégales. Nous n'incitons en aucun cas à leur utilisation.