Les câbles, nerf de la guerre de l'espionnage mené par la NSA. Suite à la révélation par le Monde de l'ampleur de l'activité de l'agence américaine, se pose la question de ses méthodes pour y parvenir. Comment la National Security Agency a-t-elle pu procéder à plus de 70 millions d'enregistrements de données téléphoniques sur le territoire français ?

C'est tout d'abord en ayant accès aux "tuyaux" par lesquels transitent les télécommunications que l'agence capte le plus de conversations. L'équipementier Alcatel-Lucent, qui fournit via sa filiale Submarine Networks (ASN) de nombreux câbles sous-marins permettant aux données de transiter, a par exemple été ciblé par la NSA.

Des mots-clés qui repèrent les conversations

Une fois à l'écoute de ces câbles, la NSA dispose de différents modes de collecte. Lorsque certains numéros de téléphone français, considérés par l'agence comme suspects, sont utilisés, un enregistrement automatique de la conversation se déclenche. Des mots-clés permettent également à la NSA d'être alertée lors de l'échange de SMS dans lesquels ils figurent.

Mais l'espionnage peut aussi se porter directement sur les serveurs des principaux fournisseurs de service. Aux Etats-Unis, ceux de Facebook, Google ou encore Facebook ont été épiés. En France, c'est Wanadoo, ancienne filiale d'Orange, qui en a été la cible. 4,5 millions de personnes, soit un tiers des abonnés actuels de la société, possèdent encore une adresse e-mail sur ce nom de domaine.

Le principe de collecte d'informations est sensiblement identique à celui utilisé pour les conversations téléphoniques ou SMS. Là aussi, des mots-clés déclenchent l'interception automatique des messages et leur archivage. De quoi constituer un historique des conversations en cas de besoin. Une utilisation qui en dit long sur la stratégie actuelle de la NSA : faire des données privées l'un de ses matériaux de surveillance principaux.