Quels seront la date de lancement et le prix des abonnements ?

Si elle n'a toujours pas été confirmée officiellement, la société américaine a prévu sa soirée de lancement le 15 septembre prochain à Paris. Le service devrait être lancé dans la foulée. Aucune confirmation non plus, mais ils devraient être les suivants : 7,99 euros par mois en SD (qualité standard) sur un seul écran, 8,99 euros en HD sur deux écrans simultanés, et enfin 11,99 euros en HD pour quatre écrans simultanés.

Les films et séries seront-ils en VF ou VO sous-titrée ?

Les films et séries déjà diffusés en France seront disponibles en VO et VF. Les séries originales de Netflix seront également doublées en français. Pour les contenus qui n'ont pas été diffusés à la télévision française, la version originale sous-titrée sera le plus souvent préférée, mais certaines pourront tout de même être doublées au cas par cas.

Quel sera le catalogue proposé en France ?

Reed Hastings (PDG de Netflix) : "Le contenu pour chaque pays est soumis à des enchères que nous devons gagner à chaque fois. Ce qui évidemment fait monter son prix. Nous sommes dans ce processus actuellement. Nous sommes présents dans 41 pays à travers le monde et dans chacun d'entre eux nous avons démarré avec un bon catalogue de contenu que nous avons amélioré mois après mois pour arriver à un excellent catalogue. C'est notre stratégie habituelle, nous ne proposons jamais un catalogue exhaustif le jour du lancement. Nous pouvons par exemple aussi investir dans une série originale, comme en Norvège. Nous y avons produit Lilyhammer, mais nous l'avons conçu pour qu'elle puisse aussi être distribuée dans les autres pays. De la même manière nous essayons de trouver des producteurs français pour créer une série qui intéressera aussi bien les Français que les gens du monde entier."

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Y aura-t-il une série française produite par Netflix ?

Ted Sarandos (responsable des contenus de Netflix) : "Nous allons définitivement produire en France. Le secteur des séries, du cinéma et de la culture en général y est très actif. Les productions françaises ont beaucoup de succès non seulement localement, mais dans le monde entier, il est donc naturel de le faire. Et nous diffuserons ce contenu dans le monde entier. Mais je ne peux pas vous donner plus de détails pour l'instant."

Quel type de série sera produite en France ?

Ted Sarandos : "On ne choisit pas le type en fonction du pays où on la produit. Tous les genres sont appréciés par nos abonnés : comédies, drame, science-fiction. Mais c'est vrai que la France réalise par exemple de bonnes comédies romantiques, même si elles s'exportent beaucoup moins que les drames, cela je n'arrive pas à me l'expliquer."

La série sera-t-elle produite par Europa Corp, la maison de production de Luc Besson ?

Reed Hastings : "C'est effectivement l'une des discussions en cours parmi de multiples, en essayant de trouver la bonne histoire à raconter. Rien n'a donc encore été signé pour le moment. Le plus tôt sera le mieux, mais cela prendra une année à produire."

Ted Sarandos : " Nous discutons actuellement avec tout le monde. D'ailleurs Europa Corp possède des bureaux dans notre immeuble de Beverly Hills. Voilà pourquoi on discute avec eux ! (rires) Mais la série ne sera pas disponible dès le lancement, House Of Cards nous a pris 18 mois à concevoir."

La chronologie des médias sera-t-elle respectée par Netflix ?

Reed Hastings : "Comme nous sommes présents sur toute l'Europe, nous dépendons des règles européennes ; donc cette loi particulière ne s'applique pas. Mais nous ne prévoyons pas de perturber tout cela. Nous produirons éventuellement des films et là nous verrons ce que nous ferons avec. Nous voulons avoir un lien fort avec les producteurs français et les aider à exporter au mieux leurs contenus dans le monde. Nous n’achèterons pas leur production seulement pour la France. A long terme nous espérons être perçus comme un partenaire de la communauté créative française et construire un marché plus grand. Ces règles ne s'appliquent d'ailleurs qu'aux films et ils ne représentent qu'un tiers de notre business, les deux autres tiers proviennent des séries. Nous pouvons donc être innovants sur les séries sans avoir besoin de l'être sur les films. "

Ted Sarandos : "Nous la respecterons. Je ne pense pas que la chronologie des médias protège le cinéma, elle l'affaiblit plutôt. Elle crée de la distance entre nous et les contenus. Ce que les gens veulent vraiment, c'est du choix. Regarder un film sur Netflix est une bonne expérience, différente de celle d'aller au cinéma un vendredi soir, mais c'est une bonne expérience. Cela rend finalement l'accès aux films plus difficile, accroît le piratage et a aussi donné l'ascendant aux séries sur le cinéma. Mais la loi est en place et nous la respecterons. Et si nous produisons un film original sur Netflix, ce que j'espère faire dans les prochaines années, nous ne le sortirons pas au cinéma en France, alors que ce sera le cas dans le reste du monde."

Cette loi peut-elle minimiser l'attrait de Netflix en France ?

Ted Sarandos : "Je ne le crois pas. L'une des raisons est que les gens préfèrent maintenant regarder des séries. Et nous aurons quand même un grand catalogue de films français et internationaux."

Netflix sera-t-il disponible sur les box des fournisseurs d'accès français ?

Reed Hastings : "Pas encore, nous travaillons sur ce point. Ce sera effectivement disponible sur smartphone et tablette, mais aussi sur PlayStation 3 et 4, Xbox, Chromecast et Apple TV. A terme nous aimerions être distribué sur le plus grand nombre de box, que ce soit SFR, Orange ou Free."

La série originale House of Cards continuera-t-elle d'être diffusée sur Canal + ?

Reed Hastings : "Oui, ils pourront continuer à le diffuser, mais toutes nos nouvelles séries originales comme Orange Is The New Black ou Marco Polo ne seront disponibles que sur Netflix. Pour House of Cards, Canal Plus possède la première diffusion pour les trois premières saisons. Et cela permettra de nous faire un peu de publicité sur Canal Plus (rires)."

Pour tout savoir sur Netflix :
- Reed Hastings (PDG de Netflix) : "Nous sommes un outil de lutte contre le piratage"
- Netflix : "Les séries repésentent deux tiers des contenus visionnés"
- "Netflix a diffusé 6,5 milliards d'heures de programmes au premier trimestre"