Ce lundi, 14 h 30. Première alerte. Une journaliste de Metro reçoit des SMS d’amis. Des messages datant de 2007 à 2009, privés et destinés à le rester, remonteraient mystérieusement sur leur mur Facebook. « Je suis formelle, à 100 %, j’ai retrouvé sur mon mur des posts que je n’avais certainement jamais rendus publics, puisqu’ils étaient intimes et auraient pu compromettre mon couple, témoigne ainsi Laure, consultante en télécoms. Je suis inscrite sur Facebook depuis très longtemps et j’ai toujours surveillé mes données personnelles. J’ai été alertée par une amie dont le petit copain a retrouvé par hasard un courrier privé sur son mur. Très vite, mon entourage a constaté la même chose. Toujours sur l’année 2009. J’ai fermé mon compte immédiatement. J’ai eu peur de l’ampleur du bug. »

15 h 30. Metro contacte Facebook. Visiblement, nous sommes les premiers à faire remonter cette histoire et envoyons des informations pour leur permettre d’enquêter.

22 h 30. Le porte-parole de Facebook France répond à Metro : « Une minorité d’utilisateurs de Facebook s’est inquiétée en voyant s’afficher des messages qu’ils pensaient privés sur leur Journal (Timeline). Les ingénieurs de Facebook ont analysé ces requêtes et confirmé que les messages en question étaient des anciennes publications, visibles précédemment sur leur profil. Facebook affirme qu’il n’y a eu aucune faille dans la sécurité des données des utilisateurs. »

Une "hallucination collective"?

Pas de faille ? « En 2008, je vivais en couple, une jeune fille me tournait autour, raconte Stéphane, serveur. Nous avons échangé en chat des propos très personnels. Tellement perso que si ma copine les avaient lus, elle m’aurait quitté sur le champ. Et voilà que je les vois réapparaître hier sur mon mur. Je me suis empressé de tout effacer. » Les témoignages se multiplient et le doute subsiste. A l’époque, avant 2009, il arrivait encore fréquemment que les membres du réseau confondent post sur le mur (visible par tous) et message privé. Finalement, les conversations en messagerie instantanée seraient concernées au premier chef.

En aurait-on trop écrit sans s’en apercevoir ? Au risque de faire ressurgir les fantômes du passé ? Ironiques, certains twittos évoquaient hier soir une « hallucination collective ». Reste une certitude : cette affaire révèle une fois de plus les difficultés de réglage des paramètres de confidentialité. Le ministère de l’Economie numérique a indiqué au Nouvel Observateur avoir saisi la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés). « Nous regardons de près ce qui se passe : soit il s’agit d’un bug et des poursuites pourraient être envisagées, soit il y a un gros problème au niveau des paramètres de confidentialité. » Allo, Mark ?