L'intelligence artificielle a (encore) gagné. Le champion du monde Lee Sedol, classé troisième meilleur joueur mondial au jeu de go, a tenu un peu plus longtemps ce jeudi, 4 heures et demi contre 3 heures et demi lors de la première manche mercredi, mais cela semble fatal : à ce jeu hyper-complexe, la machine a battu l'homme. 

"Je suis sans voix. Je reconnais qu'il s'agit d'une défaite sans équivoque", a dit M. Lee à la presse, l'air pâle, expliquant qu'il n'avait trouvé "aucune faiblesse" à la machine.

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La machine plus intelligente que l'homme ?

Déjà, en octobre dernier à Londres, AlphaGo avait écrasé cinq victoires à zéro le Français Fan Hui, champion d'Europe. Kasparov, le champion d'échecs lui-même terrassé par une machine d'IBM en 1997, l'avait prédit : c'était une question de temps pour que la machine batte l'homme au jeu de go. 

Mais pourquoi l'intelligence artificielle est-elle meilleure que la vraie. On croit un peu trop sans doute qu'un parfum de synthèse ne pourra jamais sentir le mimosa d'un printemps en Provence. Au même titre, une intelligence artificielle n'est jamais qu'une création de l'homme. Elle peut pourtant le surpasser. 

Comment est-ce possible ?

Si la machine devient plus "intelligente",  c'est parce que sa rapidité de calcul se cultive plus facilement avec quelques composants électroniques que notre complexe cerveau. Là où nous, humains, conservions notre suprématie, c'est parce que nous pouvons apprendre de nos réussites et de nos erreurs. AlphaGo le peut aussi. 

DeepMind, filiale de Google qui a développé ce programme d'intelligence artificielle (IA), avait comparé le jeu de go, inventé il y a environ 3000 ans en Chine, à l'"Everest" de l'IA. Everest gravi.