La Silicon Valley fait toujours autant rêver. La baie de San Francisco est plus que jamais un pôle d'attraction pour les Français, qu'ils soient spécialisés dans les nouvelles technologies ou non. Selon le consulat français, environ 60 000 ressortissants hexagonaux sont actuellement installés dans la région, sur un bassin de population de 6,5 millions.

La France figure ainsi parmi les dix nations les plus représentées et est la première communauté européenne. Un amour pour San Francisco et la région qui se confirme au fil du temps puisque ce chiffre est en augmentation annuelle de 6-7 % depuis ces six dernières années, malgré la difficulté permanente - pour tout étranger - de décrocher un visa de travail aux Etats-Unis.

Des Français "infiltrés" un peu partout

Romain Serman
Romain Serman, consul général de France à San Francisco Photo : F.Santrot/Metronews

Concernant les nouvelles technologies, on estime à 15 000 le nombre de Français qui travaillent pour des start-up, des géants de l'Internet ou se sont lancés dans l'entrepreneuriat dans la Baie. "Dans n'importe quelle boîte technologique ici, il y a au moins un Français", affirme Romain Serman, le consul général de France à San Francisco, en place depuis juillet 2010 et qui quittera son poste l'année prochaine.

Ces Français occupent tous les types de postes, y compris jusqu'au plus prestigieux. Patrick Dupuis est le directeur financier de Paypal Patrick, le comité exécutif de SalesForce compte deux Français, Eric Benhamou - qui a dirigé 3com et Palm- est maintenant un investisseur réputé dans la Silicon Valley, plusieurs ingénieurs hexagonaux travaillent dans le laboratoire très stratégique et secret Google [X] Lab, situé quelque part dans la baie de San Francisco, etc. Nul doute, les Français ont fait leur trou un peu partout.

De très gros salaires… et une vie quotidienne à l'avenant

En moyenne, la durée de leur séjour n'est pas extrêmement longue. Le consulat français estime qu'environ 20 % des ressortissants ne restent que six mois à un an, 50 % environ 5-6 ans et seulement 20 à 30 % s'installent sur le long terme, soit entre 20 et 30 ans.

Une même variable attire les Français et les fait partir : l'argent. Autant les salaires ici sont particulièrement confortables - un développeur chez Google commence à 180 000 dollars brut par an avec une augmentation minimum de 5 % par an, par exemple -, autant la vie dans la Baie est particulièrement onéreuse.

Dépenses de santé et scolarité, le cauchemar des entrepreneurs

Non seulement l'immobilier s'est envolé (comptez 3 millions de dollars pour une maison de quatre chambres dans un quartier bourgeois à 45 minutes de San Francisco, non loin de Palo Alto et Mountain View), mais les frais de santé et de scolarité sont exorbitants. Ce n'est pas un problème quand on a la chance d'être salarié par un grand groupe (Google, Apple, Facebook, Linkedin…) qui propose une assurance couvrant les dépenses à 100 % mais c'est autre chose quand on est un jeune entrepreneur qui tente de développer sa start-up.

Passer une simple radio de contrôle est facturé 900 dollars, se faire soigner une carie peut vite dépasser les 15 000 dollars et les frais de scolarité d'un élève en terminale dans une école privée coûtent 33 000 dollars à l'année dans la Valley. Avant même le mal du pays, ces considérations peuvent peser dans la balance pour inciter des Français à rentrer.

Des frenchies très recherchés dans la Silicon Valley

Pourtant, les Français sont très appréciés par les sociétés technologiques. Ils sont non seulement très bien formés par nos écoles mais ont également l'avantage majeur d'être loyaux envers leurs employeurs. Un argument de poids dans un secteur de plein-emploi, où les grands groupes n'ont aucune limite financière pour attirer les meilleurs profils et où les employés n'hésitent pas à démissionner du jour au lendemain pour aller travailler chez la concurrence pour 10 dollars de plus par mois.

Mais attention, il ne faut pas croire que les frenchies sont attendus par les grands groupes prêts à leur faire des ponts d'or. Ici, c'est le talent qui parle. Les meilleurs ingénieurs et développeurs du monde entier rêvent de se faire embaucher dans la Silicon Valley. Indiens, Chinois, Latino-Américains, Européens, Africains, etc. Toutes les nationalités sont représentées. Les places sont chères et seuls les plus motivés et talentueux ont leur chance. Plus que jamais, le rêve américain se mérite.