Jamais nos boîtes mails n'ont été aussi pleines. Nous passons presque un tiers de notre temps au bureau à lire, écrire et trier nos messages électroniques sur un écran d'ordinateur. Sur une semaine de 35 heures, cela fait près de dix heures ! Face à cette invasion informatique qui nous gâche la vie, Jean Guerriau, le maire de Saint-Sébastien-sur-Loire, a décidé de se rebiffer.

"Avant, nos services recevaient entre 100 et 200 lettres chaque jour. Aujourd'hui, c'est plus de 5000 courriels qui sont réceptionnés quotidiennement dans nos messageries. C'est devenu ingérable !" Et surtout contre-productif. Stress, informations perdues, inattention au travail et manque d'esprit d'équipe. Pour lutter contre ces méfaits, la mairie a eu une idée, pour le moins radicale : déconnecter.

Quatre jours sans mails ! C'est l'expérience originale menée en janvier et décembre par l'ensemble des agents de cette commune proche de Nantes. Les courriels vers l’extérieur n’étaient pas concernés. En revanche, pour s’adresser à un collègue, pas d'autre choix que de décrocher son téléphone ou aller frapper à la porte de son bureau.

Mettre fin l'usage à outrance du mail

"C’est tout de même un peu absurde d’en arriver à envoyer un mail à sa voisine de bureau", poursuit le sénateur-maire Jean Guerriau. Ces "journées sans mails" avait pour but remettre un peu d’humanité dans les relations professionnelles. "On met des gens en copie, 'pour info' ou pour se couvrir. C'est devenu un réflexe pour certains". Et donc de faire prendre conscience aux agents de l'usage à outrance de ce dernier.

Ce jeudi 25 février à la mairie de Saint-Sébastien-sur-Loire, c'était donc l'heure du bilan. Un agent de chaque service est venu raconter son expérience, qui servira ensuite de base de travail pour la rédaction d'une charte du bon usage des courriels. Ce genre d'initiative a été menée dans des grandes entreprises, mais c'était la première fois qu'une telle initiative est menée dans une collectivité territoriale.

"C'était l'horreur au service des ressources humaines"

Si l'expérience s'est révélée positive d'un point de vue humain, elle n'a pas eu toujours les effets escomptés en terme d'efficacité. "C'était un peu sportif, raconte Audrey Allet-Bigot, chargée de mission au développement de la politique socio-culturelle . La mairie a plusieurs bâtiments. Et on perdait beaucoup de temps dans les déplacements. Et parfois la personne n'était pas disponible."

Le téléphone, lui, n'a pas arrêté de sonner. C'était l'horreur au service des ressources humaines, rapporte l'agent, qui y voit cependant une vertu. Cela permet néanmoins d'éviter les quiproquos. Le choix des mots ou d’une ponctuation peut être mal interprété et engendrer des malentendus."L’échange de vive voix évite parfois certaines crispations.

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