Community manager, animateur de communautés Web, CM... c’est le nouveau talent que s’arrachent depuis deux ans toutes les entreprises qui veulent être sur Facebook, Twitter et la blogosphère.
Parler au nom de la marque sans faire de marketing agressif, dialoguer avec les salariés et les consommateurs, désamorcer les attaques contre un groupe pétrolier... voilà une mission taillée sur mesure pour toute cette génération nourrie à la culture Web.

"Etre payé pour aller sur Facebook et Twitter, ça fait rêver les jeunes mais il ne faut pas sous-estimer la dimension stratégique de la fonction”, tempère Claire Romanet, fondatrice du cabinet de chasseur de têtes Elaee.

Les bac + 5 issus de la communication sont très recherchés mais “faire parler de soi sur les réseaux sociaux est déjà un bon début”, conseille Flavien Chantrel, devenu community manager sur le site emploi regionsjob.com après y avoir été rédacteur Web stagiaire en 2006. Un parcours logique pour quelqu’un qui pratique les forums d’informatique et de consommation depuis dix ans. “Un blogueur de cuisine très actif qui génère du trafic ou un créateur de forum qui maîtrise un secteur peut vendre son expertise auprès d’un employeur”, ajoute-t-il.

Les entreprises ont bel et bien commencé à chasser dans ce vivier de belles plumes où se côtoient anciens modérateurs de forums presque quadragénaires, jeunes diplômés des grandes écoles, pros de la communication et du marketing, et parfois des stars de blogs. Ils seraient une centaine, deux cents tout au plus en France.

En attendant, les sociétés peinent à dénicher leur stratège. Elles ont peu de recul sur ce métier pour lequel il n’y a pas de profil idéal. “Partant du principe que tout le monde est sur les réseaux sociaux, les entreprises veulent y être aussi mais sans trop savoir pourquoi”, constate François Pinochet, directeur du cabinet de marketing Web Boléro.