De face, rien de nouveau sous le soleil. Mais son pied amovible au dos et la housse-clavier changent tout. La première tablette signée Microsoft a été conçue pour se différencier de la concurrence, une nécessité quand on arrive sur un marché déjà bien pourvu en modèles.

Dès l'écran, la firme de Redmond a choisi l'originalité en optant pour un écran 10,6 pouces de type 16:9, une taille qui se situe entre l'iPad (format 4:3) et la Samsung Galaxy Tab 10.1 (16:10). Et si la définition semble moyenne sur le papier (1366 x 768 pixels), l'excellent contraste de l'écran en fait une très bonne surprise.

Des matériaux de qualité

D'une manière générale, sur le plan matériel, la Microsoft Surface est une très bonne surprise. Sa béquille arrière, bien solide, est une excellente idée. Le métal noir utilisé donne une impression de qualité et de solidité. Seul petit bémol : les bords coupés en biseau de la tablette suggèrent une épaisseur supérieure à l'iPad 4 - aux bords arrondis - alors qu'elles sont identiques : 9,4 minimètres.

Côté connectique, la Surface est très bien pourvue : un port USB 2.0, une sortie vidéo HD et un port micro SDXC - caché sous la béquille - qui permet de doubler la taille de stockage de la tablette (32 ou 64 Go selon les configurations dont 16 Go sont utilisés... pour les logiciels natifs). A l'instar d'Apple, Microsoft a choisi un système d'aimants pour brancher le chargeur et accrocher une housse-clavier qui transforme la Surface en véritable mini ordinateur.

Très chères housses-clavier

A ce sujet, il existe deux modèles aux prix assez prohibitifs. La Touch Cover (120 euros) possède un clavier physique extrafin mais tactile, qui fonctionne en effleurant les touches. Correct pour un usage ponctuel. Le second modèle, la Type Cover (130 euros), possède, lui, de véritables touches qui s'enfoncent et qui se révèle très agréable à l'usage.

Pour 10 euros de plus, il n'y a pas photo : optez pour la Type Cover. Cette dernière se révèle d'ailleurs bien utile car la tablette en usage purement tactile n'est pas toujours simple. Les boutons à l'écran sont un peu petits sur certaines applications, clairement pensées pour fonctionner avec un clavier et un touchpad externe.

Office 2013 : très bien mais un peu lent

Une fois muée en ordinateur hybride, la Surface transforme l'essai grâce à la suite Office 2013 (en bêta) nativement intégrée dans la tablette. Ouvrir, créer, transformer des fichiers Word, Excel, PowerPoint ou Note n'est pas un problème avec la tablette Microsoft. Un vrai plus pour ceux qui souhaitent utiliser l'appareil autant pour le plaisir que le travail.

On regrettera cependant quelques ralentissements lors de l'utilisation de Word (que nous avons utilisé pour la rédaction de cet article). Le processeur - une puce Nvidia Tegra 3 habituellement utilisée dans les smartphones - est parfois un peu débordé, malgré les 2 Go de mémoire vive associés.

Windows RT, un système d'exploitation "schizophrène"

Tournons-nous maintenant du côté du système d'exploitation. La Surface vendue actuellement utilise Windows RT, une version légèrement différente de Windows 8 en cela qu'elle n'est pas compatible avec les programmes Windows habituels. Dommage.

On a également du mal à comprendre l'intérêt de la double version tuiles et bureau classique d'ordinateur. Ce manque de choix, cet entre-deux, est perturbant quand l'utilisateur navigue entre les deux, notamment lors de l'utilisation de la suite Office.

Un Windows Store balbutiant

Agréable à l'usage, notamment en tactile, le système d'exploitation a une véritable faiblesse : le manque cruel d'applications sur le Windows Store. Seulement un demi millier environ sont disponibles en Français et quelques unes parmi les plus populaires manquent à l'appel.

Pas de Spotify ou Deezer pour la musique, pas d'Instagram pour la photo, peu de jeux, pas de Firefox ou de Chrome comme navigateur mais uniquement Internet Explorer… Et nous avons constaté des bugs et plantages intempestifs sur plusieurs des applications. Une véritable faiblesse face à la concurrence qui possède des centaines de milliers d'applications dont un nombre non négligeable en français.

Bilan

Si sur le plan matériel, la Microsoft Surface est une réussite, le système d'exploitation Windows RT - qui oscille entre la nouvelle interface à tuiles très bien pensée et l'ancien système de bureau de Windows - est perturbant car on a l'impression que Microsoft n'a pas voulu faire de choix drastique et est resté entre deux eaux.

Le nombre restreint d'applications est un autre point négatif, que Microsoft s'efforce de combler au plus vite cette lacune en incitant les développeurs à travailler également sur cette plateforme. En résumé, la Surface est un bon début pour Microsoft, une tablette encourageante - qui a repris quelques bonnes idées de la concurrence et a ajouté les siennes - mais quelques défauts méritent vraiment d'être gommés avant de pouvoir rivaliser à forces égales avec la concurrence. Bien, mais peut mieux faire.

A noter que la tablette Surface est vendue exclusivement en ligne sur le site de Microsoft.