C'est le grand pari de BlackBerry. Depuis 18 mois, le constructeur n'avait plus sorti un seul modèle, autant dire une éternité à l'échelle high-tech. Mais ce mois-ci, le Canadien marque son grand retour avec son Z10 entièrement tactile et équipé de son nouveau système d'exploitation BlackBerry 10. Exit le clavier physique, grande spécialité de BlackBerry. La marque veut mieux coller à la demande actuelle des consommateurs : au dernier trimestre 2012, 92 % des smartphones étaient des modèles Android et iOS avec écran tactile et clavier virtuel.

La première impression est plutôt bonne lorsqu'on prend en main le téléphone. Ce Z10 se rapproche esthétiquement beaucoup d'un iPhone 5, en plus grand. L'écran mesure 4,2 pouces (1 280 x 768 pixels) pour un poids total de 137 grammes (contre 4 pouces et 112 grammes pour l'iPhone). La batterie de 1 800 mAh est toutefois un peu sous-dimensionnée pour ce format, impossible de tenir plus d'une journée avec une utilisation pourtant raisonnable.

Un interface basée sur la gestuelle

Cette taille constitue toutefois un bon compromis entre confort et encombrement. Il permet de profiter de l'effort multimédia réalisé par BlackBerry sur ce modèle. L'interface photo propose ainsi de capturer une mini séquence de deux secondes sur laquelle un visage est reconnu automatiquement. Il suffit alors de zoomer sur celui-ci pour garder le meilleur instant. On regrette en revanche la faible qualité du capteur de 8 mégapixels. Les clichés sont bruités et bien en dessous des meilleures références de la concurrence.

Mais outre le matériel c'est surtout le nouveau système d'exploitation qui donnera le ton de la qualité de ce Z10. Et il faut bien avouer que de ce côté là, BlackBerry fait sa révolution... mais un peu tard.
Basée sur de nombreuses gestuelles, la manipulation de l'interface a souvent tendance à perdre l'utilisateur. Un glissement du doigt de haut en bas affiche des raccourcis très pratiques depuis la page d'accueil, mais seulement les préférences de l'application lorsqu'on a ouvert l'une d'entre elles.

Le clavier : une bonne idée mal maitrisée

En glissant son doigt de la gauche vers la droite, on découvre le Hub. C'est désormais ici que sont centralisés les e-mails, les SMS, BlackBerry Messenger, les mentions Twitter et les notifications Facebook. Typique de la fausse bonne idée, ce système a surtout tendance à noyer l'utilisateur dans une avalanche d'alertes qui n'ont pourtant pas la même importance. Un e-mail de son patron est ainsi placé sur la même hiérarchie qu'une invitation à un événement Facebook.

Le clavier était l'une des grandes espérances de ce Z10. A l'usage, on est moins enchanté. BlackBerry tente pourtant une toute nouvelle manière de saisir des mots. A chaque lettre tapée, un mot différent apparaît au-dessus de plusieurs autres touches. Pas la peine de saisir le suite, il suffit de glisser le mot vers le haut pour l'intégrer à son texte. Dans les faits, les mots proposés sont souvents masqués par les doigts qui se trouvent (forcément) sur le clavier et leur positionnement obligent les yeux faire des va-et-vient entre la zone de saisie et le clavier. 

70 000 applications

Autre argument essentiel pour convaincre de l'achat d'un smartphone : les applications. Cela reste encore une faiblesse de Windows Phone 8. Mais BlackBerry a voulu ici marquer un grand coup en proposant plus de 70 000 applications dès la disponibilité du Z10. Soit le plus grand choix au lancement d'un nouveau système d'exploitation. Si cela ne représente que le dixième des applications disponible sur l'App Store ou le Google Play, le chiffre reste tout de même impressionnant.

Pour y arriver, BlackBerry permet aux développeurs d'y porter facilement leurs applications, quelques soient leur langage de développement. Ainsi une grande partie d'entre elles sont de simples adapatations de versions Android. On peut alors parfois noter quelques incohérences d'interfaces (bouton, navigation, etc.) avec ces applications conçue pour un autre système.

Impression générale très mitigée

D'autres applications installées par défaut laissent également à désirer. C'est le cas de Cartes, qui a bien du mal à trouver certains lieux (il faut privilégier l'adresse exacte) et se montre incapable de calculer un trajet à pied.

Après quelques jours d'utilisation, on retient donc une impression très mitigée de ce Z10, comme si BlackBerry arrivait après la bataille. Pourtant la compatibilité 4G aurait pu faire de lui l'une des stars de ce premier semestre, alors que les opérateurs lancent leurs réseaux et qu'il existe peu de téléphones compatibles.