Depuis des siècles, l'homme utilise des aigles en tant que compagnon de chasse. Cette pratique ancestrale, apparue il y a plus de 5000 ans dans les steppes des hauts plateaux d'Asie, est aujourd'hui remis au goût du jour par la police néerlandaise qui expérimente actuellement un programme afin de les utiliser pour traquer, à l'ancienne, un nouveau type de proie : le drone.

Dans une vidéo de démonstration, on peut voir comme l'aigle plonge à toute allure en direction d'un drone Phantom de la marque DJI, avant de le capturer à l'aide de ses griffes acérées. Ce qui a pour effet de le désactiver immédiatement. "L'oiseau voit le drone comme une proie", a expliqué à DutchNews.nl Marc Wiebes, qui est en charge du projet.

Les armes anti-drone se multiplient

Cette idée originale nous vient de la société néerlandaise Guard Frome above, qui se décrit comme la première entreprise spécialisée dans la formation des oiseaux de proie destinés à intercepter des drones. Ces derniers sont de plus en plus utilisés de manière illégale, pour de la contrebande par exemple. L'an dernier, plusieurs engins ont survolé, en toute impunité, des sites nucléaires français.

Afin d'y remédier, la riposte s'organise : brouilleurs d'ondes, canons lasers... Et donc maintenant ce nouveau prédateur. "En utilisant l'instinct de ces oiseaux, nous pouvons offrir une solution efficace pour répondre à cette nouvelle menace", estime Sjoerd Hoogendoorn, le PDG et fondateur de Guard From Above.

En échange d'un peu de nourriture

En raison de sa vue perçante (huit fois supérieure à celle d'un humain), de ses serres puissantes et de son instinct de chasseur, l'aigle pourrait être en effet d'une aide précieuse pour capturer ces nouveaux engins volants. En échange d'un peu de nourriture. "La méthode artisanale est parfois plus efficace pour solutionner un problème technologique", reprend son concepteur.

Et, visiblement, ça fonctionne ! "Les gens pensent qu'il s'agit d'un canular, mais ce dispositif est très efficace !", a indiqué un porte-parole de la police. Reste néanmoins deux problèmes : la question de l'impact sur le bien-être de l'animal et aussi le coût de la formation. "Le gros problème est que les aigles détruisent énormément de drones. Et par conséquent, la formation coûte cher".

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