Depuis le début de l’épidémie de Sida les Alpes-Maritimes sont l’un des départements les plus touchés de France. Combien y-a-t-il actuellement de séropositifs dans le département ?
On estime qu’ils sont cinq à six mille, en comptant ceux qui ignorent avoir la maladie. Et ce nombre augmente toujours…

On compte 80 nouvelles contaminations par le Sida en moyenne chaque année dans les Alpes-Maritimes. Qui sont les victimes ?
Le public homosexuel est surreprésenté, avec près de la moitié des nouvelles contaminations. C’est une population qui, depuis le début de l’épidémie, à toujours été très concernée. L’autre moitié des contaminations nouvelles à lieu lors de rapports hétérosexuels. Il s’agit surtout d’un public vulnérable, comme les migrants.

Pourtant, un séropositif sous traitement réduit drastiquement le risque de transmettre le virus…
C’est vrai. Mais tout le monde n’est pas dépisté. Et tout le monde n’est pas traité correctement.

Vous avez le sentiment qu’avec les progrès des multi-thérapies le Sida se banalise et que les gens se protègent moins ?
Oui. Il faut rappeler que l’on ne guérit pas du Sida. On peut vivre avec, mais au prix d’un traitement lourd, avec plusieurs prises de médicaments par jour, à heures fixes et avec des effets secondaires comme des vomissements et des pertes de poids.

Que fait Aides 06 pour les séropositifs ?
Nous leur apportons un soutien administratif, et psychologique lorsqu’ils sont par exemple victimes de discriminations. Depuis 4 mois, nous avons été confrontés à plusieurs cas de migrants séropositifs qui se sont vus refuser une carte de séjour alors qu’on peut les traiter en France et pas dans leur pays.