Les bières du Nord-Pas-de-Calais redeviennent à la mode. Avec une trentaine de brasseries, la Région détient le record de France d’établissements et compte bien bénéficier du regain d’intérêt des consommateurs pour ce breuvage millénaire.


Après la mode des fermentations basses (2° d’alcool), les fermentations hautes coulent aujourd’hui à flots. “La Région produit 20 % de la production française, uniquement des bières de spécialités. Leurs ventes augmentent de 4 % chaque année, rappelle Gérard Sonnet, secrétaire général du syndicat des brasseurs du Nord-Pas-de-Calais.

La baisse de la consommation globale de la bière s’est stoppée. Aujourd’hui, les consommateurs s’intéressent aux microbrasseries comme un produit de terroir.” Un label “Spécialité traditionnelle garantie” est d’ailleurs en cours de validation.

Gabriel Thierry est, lui, allé directement à la rencontre des brasseurs nordistes pour son ouvrage Sur la route des bières du Nord-Pas-de-Calais, qui vient de sortir en librairies (éditions Nord Avril) : “La proximité plaît aux consommateurs, mais les bières nordistes ont encore du mal à s’exporter, comparativement à leurs rivales belges, raconte-t-il. Le matériel coûte cher pour produire en grande quantité, et il faut communiquer. Du coup, les brasseurs mutualisent de plus en plus.”

C’est le cas de Bertrand Coustenoble et sa Ferme des Mottes à Marquillies. Brasseur amateur, il produit aujourd’hui 80 hectolitres par an : “Un ami brasseur m’a revendu ses anciennes cuves pour que je me développe, raconte-t-il. Mes bières se vendent très bien dans les magasins de ferme. Les consommateurs en raffolent !”