Changement de décor. Sans doute motivé par la volonté d'asseoir sa stature présidentielle, François Hollande a choisi le palais de l'Elysée pour la traditionnelle interview du 14 juillet. Une première depuis son élection. En 2012, puis en 2013, le président "normal" était en effet apparu à l'hôtel de la Marine et dans les jardins de l'Elysée. Cette année, c'est dans le salon des Portraits, lieu des déjeuners ou dîners restreints du Palais, que le président a répondu aux questions des journalistes de TF1, Gilles Bouleau, et de France 2, David Pujadas. Quasiment à mi-mandat, le chef de l'Etat est engagé dans une opération de reconquête des Français dont cet entretien marque un temps fort, puisque depuis la grande conférence de presse semestrielle, le 14 janvier dernier, François Hollande n'était apparu qu'une seule fois à la télévision, le 6 mai, sur RMC et BFMTV.

Une reprise qui se fait attendre
L'an dernier François Hollande annonçait que la reprise était là. Un an plus tard, la croissance peine à arriver mais le chef de l'Etat continue d'être optimiste. "La reprise est là mais elle est trop fragile. On n'est plus dans la récession, plus dans la crise". Pour François Hollande, le pacte de responsabilité pose "les bases du redressement" et doit porter la reprise à travers les 40 milliards d'allégements de charges dont bénéficieront les entreprises dans les trois prochaines années. Mais surtout, le chef de l'Etat a martelé sa décision de donner aux acteurs de la société de la visibilité jusqu'à la fin du quinquennat. "Le pacte de responsabilité, c'est dire durant trois ans : 'vous connaissez la donne'. L'Etat fait des économies, diminue les impôts pour les ménages et baisse le coût du travail et la fiscalité sur les entreprises", a souligné François Hollande. "Tout est sur la table et rien ne sera modifié", a-t-il notamment lancé à l'adresse du patronat qui avait critiqué la lenteur des réformes avant la grande Conférence sociale des 7 et 8 juillet derniers.

Baisse d'impôts
Plus flou en revanche est l'ampleur de la baisse d'impôts qui interviendra l'année prochaine pour les classes moyennes. Après l'effort en faveur des foyers modestes en 2014, le chef de l'Etat a refusé de confirmer une réduction d'impôts qui pourrait concerner en 2015 entre 1,2 et 1,5 million de personnes, selon les récentes informations de presse. Tout juste a-t-il considéré que les impôts étaient "un sujet sensible". "Les Français en ont payé beaucoup", a-t-il concédé. Fixant l'économie comme priorité de la deuxième moitié de son quinquennat, François Hollande l'affirme : "je veux qu'à la fin de mon mandat les Français vivent mieux. Qu'il y ait moins de chômage, plus de pouvoir d'achat et moins d'impôts".

Les autres réformes
Si 2014 est l'année des "grandes réformes économiques", le président place 2015 sous le signe de la santé avec notamment une révision du tiers payant et une "réforme majeure de l'accompagnement du grand âge", a-t-il affirmé. En 2016, les réformes de société devraient revenir sur le devant de la scène, qu'il s'agisse du vote des étrangers – "'j'y suis favorable", a affirmé le président -, de la poursuite de la modernisation des institutions, à travers notamment la réforme territoriale, le renforcement de l'indépendance de la justice ou encore la révision du mode de scrutin.

Conflit au Proche-Orient 
Critiqué suite à un récent communiqué de presse de l'Elysée commentant l'escalade des violences au Proche-Orient, le président de la République a tenu à rééquilibrer les choses entre Israël et les territoires palestiniens. "Israël a le droit à sa sécurité. En même temps, Israël doit avoir de la retenue, de la réserve et surtout qu'un cessez-le-feu puisse intervenir". "Le rôle de la France, c'est d'aller chercher toutes les médiations", a poursuivi François Hollande. En outre, le chef de l'Etat a fait montre de fermeté quant aux heurts qui ont émaillé les manifestations pro-palestiniennes à Paris. "Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s'importer. Il ne peut y avoir d'intrusions dans des lieux de culte. Il n'y aura aucune tolérance par rapport à telle ou telle intrusion ou tel ou tel débordement", a-t-il insisté, rappelant que la position de la France dans ce conflit est "l'existence d'un Etat palestinien à côté d'Israël."