Un groupe de 80 réfugiés a investi samedi le parvis de Beaubourg, à Paris. Avec le soutien de collectifs et associations, ils demandaient à être accueillis dans un centre d'hébergement. "Certains sont dans la rue depuis des semaines, voire plus d'un an", raconte la réalisatrice et bénévole engagée auprès des demandeurs d'asile Valérie Osouf, contactée par metronews.

130 places d'hébergement seraient libres au centre de la rue Coustou, selon une source de la mairie de Paris citée par Valérie Osouf. Mais c'est à la Préfecture de donner son autorisation pour leur accueil au centre. Or, "elle a seulement donné l'ordre de partir du parvis", déplore la réalisatrice. 

Les migrants gazés par la police

Présents sur place, une dizaine de policiers ont encerclé le groupe, et demandé aux migrants de "défaire leur tente et de partir", témoigne Valérie Osouf. "On leur demande de partir mais ils ne savent plus où aller", explique-t-elle, ajoutant que ce groupe de réfugiés a installé une vingtaine de tentes sur le parvis en espérant que cette visibilité leur assure une protection civique.

Ces exilés ont déjà été évacués à plusieurs reprises par la police : à la Chapelle dans le 18e arrondissement le 4 février, à Stalingrad le 10 février, et à gare de l'Est. Lors de ces évacuations, ils ont été victimes de violences policières, "par trois fois", précise notre interlocutrice. Ils ont notamment été gazés à deux reprises, dimanche 7 février à la gare de l'Est et ce lundi vers la station de métro Maison-Blanche. Dans un communiqué, les migrants et leurs soutiens écrivent : "Nous sommes écœurés par la répression policière et l'abandon de la mairie et du gouvernement."

Cinquante mineurs 

Le campement improvisé en début d'après-midi a été démonté vers 19 heures samedi. "Nous avons tenté de négocier, mais aucune place n'a été débloquée", explique Valérie Osouf. Un rendez-vous avec le chef de cabinet de la préfecture de région doit être convenu lundi : une main tendue qui a justifié le départ volontaire des migrants du parvis, évitant ainsi l'intervention des forces de l'ordre. 

Ce soir, les 80 migrants, en majorité afghans, soudanais et érythréens, se sont éparpillés dans la capitale, pour trouver un endroit où dormir. Une cinquantaine de mineurs accompagnent également ce groupe, ils étaient hébergés ce samedi chez des amis et des personnes solidaires. "Mais ce n'est pas à nous de nous substituer à l'Etat", déplore Valérie Osouf.  

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