La dernière marche qui mène au Graal est souvent la plus dure à franchir. Pour les migrants qui ont fui l’Afghanistan, l’Erythrée ou encore l’Albanie, le petit bout de mer qui sépare l’Angleterre du continent est l’obstacle ultime. Ils se retrouvent à Calais et Dunkerque, guettant l’opportunité de traverser la Manche.
Ici, ce demi-millier de migrants, subit une pression policière qui s’est accrue à l’approche des Jeux olympiques de Londres. Et plus particulièrement à Calais, où 150 personnes environ vivent dans des campements de fortune, régulièrement détruits par les forces de l’ordre. Calais et son "harcèlement policier" dénoncé par Médecins du Monde, ONG présente depuis la fermeture du centre de Sangatte, en 2002. "Il n'y a pas de traque à Calais" assure de son côté Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa police. "Les policiers n'ont pas plaisir à travailler de cette façon là-bas. Mais malheureusement, il y a un réel problème sanitaire et nous ne pouvons pas laisser faire les choses".
Cercle vicieux de l'insécurité
Lundi, la distribution de repas s’est déroulée dans un calme relatif. Comme tous les jours, elle était surveillée de près par la police. La tension et la méfiance sont palpables. "Le problème des migrants, ce n’est de toute façon pas celui de la nourriture", explique Martine, de l’association La Belle Etoile, qui assure la distribution du jour. "Les maladies que l’on soigne sont dues aux conditions de vie », poursuit Cécile Bossy, coordinatrice de Médecins du Monde à Dunkerque. "Dermatoses, entorses et traumas divers... Bien souvent, la santé passe après le transit vers l’Angleterre."
Ce fameux passage met chacun sous tension. "Outre les contrôles d’identités “musclés”, il y a régulièrement des affrontements entre communautés, témoigne Jérémy, bénévole dans plusieurs associations. Souvent pour des questions d’argent, mais pas seulement. Un accrochage futile peut dégénérer en bataille rangée."
Un cercle vicieux de l’insécurité que personne ne parvient à résoudre. Pourtant, les initiatives existent. Si des bénévoles regrettent un manque d’implication des pouvoirs publics, ceux-ci ne sont pas absents. La Communauté urbaine de Dunkerque a, par exemple, créé l’an dernier un fonds d’allocation qui permet de rembourser 50 % des frais directs des associations. De son coté, Médecins du Monde a développé un « volet logistique de mise à l’abri » qui vise à faire valoir les standards humanitaires internationaux : 15 litres d’eau par personne et par jour, 3,5 m2 d’abri par personne et une latrine pour vingt. Un minimum que la France leur refuse pour l’instant.
En + : consultez le webdocumentaire réalisé par Médecins du Monde http://webdoc.medecinsdumonde.org















