Avec cette tournée, Mitt Romney voulait asseoir sa stature internationale. Il faudra repasser. En effet, le candidat républicain a pris soin d'organiser un voyage de campagne de six jours dans trois pays clés : la Pologne et Israël, deux pays ayant d'importantes communautés outre-Atlantique essentielles dans la chasse aux voix, et surtout la Grande-Bretagne où il s'est rendu jeudi. Mais à peine a-t-il foulé le sol britannique que les bourdes se sont enchaînées.
Invité de la chaîne américaine NBC News à la veille de sa rencontre avec le Premier ministre David Cameron, l'ancien gouverneur du Massachusetts avait tenu des propos plus que maladroits sur les JO : ce dernier jugeait "troublants" les problèmes rencontrés par la société privée G4S en charge de la sécurité des Jeux et la grève - maintenant annulée - des agents d'immigration et des douanes britanniques. "Il est difficile de savoir comment cela va se passer", a-t-il déclaré à l'antenne, "certaines choses sont assez troublantes, les histoires à propos de la compagnie de sécurité privée qui n'a pas assez de personnel, la grève supposée des agents d'immigration et des douanes. Ce sont évidemment des choses qui ne sont pas très encourageantes".
Son conseiller fait polémique
Pire : le républicain s'attaque ensuite aux Britanniques eux-mêmes, qu'il n'estime pas assez enthousiastes de la tenue des JO : "Est-ce qu’ils se retrouvent tous ensemble pour fêter ce moment olympique ? On le verra seulement quand les Jeux commenceront vraiment". Des critiques qui font d'autant plus mouche que Mitt Romney n'est pas novice en la matière: l'ancien homme d'affaires avait été appelé à la rescousse des jeux d'hiver de Salt Lake City de 2002, en proie à des difficultés financières.
De même, sa virée à l'étranger était marquée par une autre polémique avant même de commencer : mercredi, le Daily Telegraph publiait un article dans lequel l'un de ses conseillers tenait des propos pouvant passer pour racistes. "Nous partageons le même héritage anglo-saxon et il (Mitt Romney) pense que la relation privilégiée est quelque chose de spécial", aurait expliqué ce conseiller au journal britannique. Des déclarations qui font référence aux origines de Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis né d'un père kényan, et qui pourraient faire tâche dans une métropole aux multiples communautés ethniques, remarquait le Telegraph.
Les Anglais en colère
Des quiproquos qui ont de quoi piquer au vif la fierté de ses hôtes qui ne sont pas fait prier pour montrer leur mécontentement. Jeudi, peu avant leur rencontre, le Premier ministre conservateur David Cameron a fait savoir que ces remarques ont été peut appréciées : "Nous organisons les Jeux olympiques dans l'une des villes les plus fréquentées, actives et animées du monde. Bien sûr c'est plus facile si vous les organisez au milieu de nulle part". Allusion cinglante aux Jeux de Salt Lake City. Le républicain a donc beau vouloir limiter les dégâts en louant notamment après leur rencontre "les grands progrès" dans l'organisation des JO, rien n'y fait : la presse britannique n'avait pas de mots assez durs vendredi à l'égard de "Mitt the twit" ("Mitt l'idiot"), comme l'a surnommé le tabloïd The Sun.
De son côté The Guardian jugeait plus sérieusement dans ses colonnes que "Mitt Romney a offert à Barack Obama un cadeau qui n'a pas de prix pour la campagne présidentielle". Romney a même été la risée de quelque 60 000 personnes rassemblées jeudi soir pour un concert à Hyde Park, quand le maire de Londres, Boris Johnson, a lancé sur scène: "Il y a un type du nom de Mitt Romney qui veut savoir si nous sommes prêts. Sommes-nous prêts?". Clameur approbatrice de la foule. "Oui, nous le sommes!", a tonné le maire. De quoi rendre le candidat à la présidentielle mal à l'aise lors de la soirée de la cérémonie d'ouverture des JO, où il est convié aux côtés de la délégation américaine dirigée par la Première dame, Michelle Obama.
















