Abd al Malik a demandé un droit de réponse à L'Equipe. Ce qui ne l'a pas empêché, en attendant de l'obtenir, de répondre à MetroFrance.com, mais surtout à Hatem Ben Arfa. Qui l'a accusé lundi dans les colonnes du quotidien sportif de l'avoir "endoctriné" et d'avoir profité de lui à un moment de grande vulnérabilité, en l'entraînant "dans une sorte de secte". Entretien exclusif.
Pourquoi avez-vous décidé de porter plainte contre Hatem Ben Arfa?
Parce qu'il a tenu des propos diffamatoires et mensongers, qui ne me concernent pas seulement moi, mais la spiritualité de l'islam dans son ensemble. Le terme "secte" veut dire quelque chose. C'est un véritable discrédit jeté sur les milliers de croyants qui vivent leur spiritualité normalement, en paix, et surtout qui respectent totalement les lois de la République. C'est gravissime, surtout venant de quelqu'un dont la culture sur ce sujet-là est plus que légère. Il est donc important à un moment donné de rééquilibrer les choses, non seulement pour moi, mais pour toutes les personnes qui sont dans cette démarche-là. Et puis le fait de citer nommément mon manager est un préjudice grave, parce que cela implique aussi toute sa famille. On ne fait pas ce genre de choses. Nous vivons dans une démocratie et il faut respecter certaines règles. Mon avocate, Me Wekstein, est en charge de l'affaire. Elle connait mieux les détails que moi, mais l'action en justice a été lancée. C'est bien la première fois qu'une telle chose m'arrive. Je suis vraiment choqué.
Quels liens entreteniez-vous avec Hatem Ben Arfa? On a longtemps parlé d'amitié entre vous...
Oui, on peut parler de liens d'amitié. Comme moi, de nombreuses personnes ont essayé de l'aider à un moment où il se trouvait dans un désarroi profond. Mais pour la plupart des gens qui lui ont tendu la main, cela n'a pas fonctionné. C'est lui qui était venu me voir pour me demander conseil. Ce que j'ai fait. On peut aider des personnes, mais si ces personnes n'ont pas envie d'avancer, il faut le respecter.
Le joueur n'était visiblement pas qu'en "quête de conseils spirituels", puisque Fabien Coste, votre manager, est devenu son agent dans le même temps. Qu'est-ce qui explique ce curieux mélange des genres ? Fabien Coste travaillait-il avec Michel Ouazine, le représentant du joueur ?
Fabien Coste n'est pas devenu son agent. Hatem Ben Arfa éprouvait des difficultés à quitter son club et il nous a simplement demandé de l'aide. En tout cas, c'est en ce sens-là que Fabien Coste est intervenu. Michel Ouazine, pour autant que je sache, était son homme à tout faire, même si je ne connais pas l'intitulé exact de ses fonctions (il s'agit de son conseiller, ndlr). C'est la personne la plus proche de lui aujourd'hui, et il l'était déjà à l'époque. C'est pour ça que je ne comprends pas certaines choses qui sont dites aujourd'hui, comme si on avait une sorte de lien privilégié avec lui. Hatem Ben Arfa est venu me voir, je lui ai donné quelques conseils à sa demande. Il voulait effectuer un voyage spirituel : je suis allé au Maroc avec lui mais c'est tout. Et pour le transfert à l'OM, c'est encore lui qui a demandé. D'ailleurs, il n'y a pas eu que cela. Il est aussi venu me voir parce qu'il avait des problèmes avec sa famille. Et moi j'ai fait en sorte que les choses s'arrangent, même si c'était très compliqué. Donc voilà, c'est un tout.
Comment expliquez-vous que le joueur affirme que vous l'ayez "endoctriné" ?
Pour moi, c'est simplement le reflet de toute son inculture. Peut-être ne sait-il même pas ce que signifient les mots qu'il emploie. Peut-être que pour lui, ce ne sont que des mots... Alors que ces mots veulent non seulement dire quelque chose dans le sens, mais aussi dans le droit.
Pourquoi selon vous dit-il qu'on l'a obligé à baiser les pieds de quelqu'un si ce n'est pas vrai ?
C'est à lui qu'il faut le demander... Moi, je suis époustouflé. C'est un mensonge absolu.
Le soufisme implique-t-il nécessairement le recours à un Cheikh ?
Un maître spirituel ? Bien sûr, puisque le soufisme est une science. La science infuse ne peut pas exister.
Pourquoi avoir cru bon de préciser dans votre communiqué qu"en août 2010, Hatem Ben Arfa était présenté dans toute la presse comme la victime d'un gourou en la personne de son conseiller Michel Ouazine" ?
C'est important parce que quand quelqu'un parle d'endoctrinement et de secte, la question se pose de savoir quand est-ce que cela a déjà été dit, et pour quelle personne. C'est vraiment un rééquilibrage. Et si ce même discours a effectivement été tenu à plusieurs années d'intervalle, que des gens le reprennent, je suis désolé, mais ça montre bien qu'il y a un problème. Et ce garçon souffre de problèmes affectifs importants, même si je ne suis plus au courant de ce qui se passe dans sa vie. Le procès a justement pour but de remettre toutes ces choses à plat. Et surtout de sortir du discrédit jeté sur cette spiritualité centenaire avec ces termes de "secte" et d'"endoctrinement", tout ça pour m'accuser. C'est un acte délictueux.

















