"Insuffisance de présence." En jargon politique, le terme désigne l’absentéisme. Et c’est l’un des péchés mignons des sénateurs. Mais Gérard Larcher, le président Les Républicains, a décidé de prendre des mesures pour lutter contre ce fléau. Mercredi, il a annoncé que 14 sénateurs vont se voir prélever 2100 euros pour absentéisme au cours du dernier trimestre 2015.

Il n’a cependant pas voulu donner les noms des concernés, pour ne pas les donner "en pâture". En mars dernier, quelques mois après son élection à la tête de la Haute Assemblée, Gérard Larcher avait présenté un dispositif de retenues financières qui porte à la fois sur l'indemnité de fonctions et sur l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM). Au total, un sénateur peu assidu peut être privé de 4400 euros par mois, soit 13.200 euros sur un trimestre.

"Une habitude d'emploi fictif"

L'absentéisme de certains parlementaires était régulièrement dénoncé. La sénatrice Catherine Tasca (PS) avait même parlé de "presque une habitude d'emploi fictif". Selon Gérard Larcher, les mesures ont porté leurs fruits. D’après lui, au cours du dernier trimestre, plus de 87% des sénateurs ont participé aux votes solennels, 84% aux travaux de leurs commissions, et 75% ont assisté aux questions d'actualité au gouvernement.

L'ensemble des mesures adoptées avait pour objectif de renforcer la participation des sénateurs aux travaux, de mieux légiférer et de contrôler plus efficacement. Sur ce point, a souligné Gérard Larcher, "on a gagné deux journées sur l'examen du projet de loi de finances". "27 grands textes sur 41 ont été adoptés par la navette, et plus de 60% des amendements du Sénat ont été retenus par l'Assemblée nationale".

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