Vladimir Poutine reste inflexible. Alors que le sommet du G8 s'est clos mardi en Irlande du Nord après deux jours d'âpres discussions, le président russe n'a pas bougé d'un pouce sur sa position dans le conflit syrien. Allié indéfectible de Bachar Al-Assad, il a obtenu que le sort de ce dernier ne soit pas évoqué dans le maigre accord obtenu. Les huit puissances signataires se sont contentées d'appeler à l'organisation "dès que possible" d'une conférence de paix, Genève 2, dont la tenue prévue en juillet est à nouveau repoussée aux calendes grecques. Pour le reste, toutes les questions clés sur le règlement du conflit ont été laissées en suspens.

Et cerise sur le gâteau, Vladimir Poutine, dès la fin du sommet, a évoqué la possibilité de livrer de nouvelles armes au régime syrien, portant un sacré coup au consensus affichés par les participants au sommet. "Nous fournissons des armes au gouvernement légitime, conformément à des accords légaux", a-t-il annoncé. Des déclarations qui montrent une nouvelle fois l'impuissance des Occidentaux, soutien de l'opposition syrienne, face à la Russie. Et les déclarations lundi soir de François Hollande, estimant que Poutine devait faire "pression" sur Bachar Al-Assad, sont restées lettre morte.

Condamnation des armes chimiques

Vladimir Poutine continue de marteler que les modalités d'une sortie de crise doivent être décidées par les Syriens. Seulement, ces derniers sont pour l'instant encore loin de pouvoir se réunir autour d'une même table : les rebelles exigent en effet le départ de Bachar Al-Assad comme préalable à toute discussion. De son côté, le dirigeant syrien a estimé dans un entretien accordé au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, que quitter le pouvoir serait une "trahison nationale".

Comme lot de consolation, les autres puissances du G8 ont obtenu que le communiqué condamne "tout usage d'armes chimiques en Syrie" et demandé l'accès de la mission d'enquête de l'ONU au territoire syrien, que Damas a jusqu'à présent refusé. La question des armes chimiques est revenue sur le devant de la scène ces deux dernières semaines, Paris, Londres puis Washington ayant accusé le régime d'avoir utilisé du sarin, un liquide volatil neurotoxique. Moscou n'avait pas jugé ces preuves convaincantes, mais a finalement souscrit à la condamnation générale. Depuis le début du conflit en mars 2011, 93.000 ont péri dans les combats et l'ONU compte plus d'1,6 million de réfugiés.