Dénoncer l'"hypocrisie" du site de rencontres adopteunmec.com. C'était l'objectif des fondateurs du site polémique adopteunnegre.com, qui proposait, fictivement, de faire son marché parmi plusieurs candidats noirs. Lancé la semaine dernière et fermé quasiment aussitôt, la plateforme avait provoqué l'indignation de la twittosphère et de la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra). "Nous n'avons jamais réussi à joindre qui que ce soit, expliquait alors pour Metro Alain Jakubowicz, président de la Licra. Nous n'avons pas l'impression qu'ils aient fait le choix d'être transparents".

Si elles n'ont toujours pas levé le voile sur leur identité, les mystérieuses personnes qui se cachent derrière ce site ont en revanche précisé leurs motivations, dans une interview accordée aux Inrocks mardi. Les webmasters s'y décrivent comme "féministes", dénonçant le fonctionnnement d'adopteunmec.com selon "un modèle où les hommes paient pour accéder à la clientèle féminine du site, qui sont donc les véritables produits".

"Notre démarche dépasse le site adopteunmec.com"

"Nous pensons que se prétendre féministe avec un tel modèle est une hypocrisie", poursuivent les créateurs dans l'interview. Des motivations qui contredisent l'hypothèse qui avait émergé
la semaine dernière, selon laquelle le site pourrait se rattacher au masculinisme. Un courant qui dénonce une soi-disant domination féminine. "Notre démarche dépasse ce site (adopteunmec.com, ndlr), nous condamnons tout autant les autres sites, ou les boîtes de nuit qui donnent l’accès gratuit aux filles, qui de fait servent de produit d’appel pour inciter les hommes à payer, martèlent les fondateurs d'adopteunnegre.com. C’est en cela que l’on ne comprend pas les insinuations de masculinisme ou de machisme dans notre action".

Certains médias avaient aussi supputé que le site puisse être l'oeuvre d'une organisation de "trolls", ces internautes qui ont pour activité principale de perturber des débats sur la Toile. Une théorie que rejette également le groupe à l'origine du site. "Il n’y a aucune association ni organisation politique derrière ce site. L’objectif était d’amener à s’interroger sur ce type de service marchand fondé sur une discrimination", expliquent les interviewés. "Le fait d’être interpellé par une discrimination fondée sur la couleur de peau est une réaction salutaire que nous partageons, c’est le fait de ne pas l’être quand cette discrimination est fondée sur le genre que nous trouvons inquiétant", concluent-ils.