Les assauts judiciaires de la défense n'y auront rien changé. Presque trois ans après le dépaysement à Bordeaux de l'affaire Bettencourt - portant notamment sur des "abus de faiblesse" au détriment de l'héritière de L'Oréal -, la cour d’appel de Bordeaux a rejeté ce mardi l'essentiel de leurs requêtes en nullité. En clair : douze personnes demeurent mises en examen dans ce dossier. En particulier Nicolas Sarkozy, soupçonné d'avoir profité des largesses de la milliardaire au profit de sa campagne de 2007.

"La chambre de l'instruction vient de rendre sa décision et valide dans son intégralité la procédure", a déclaré à des journalistes Me Huc-Morel, avocat de la fille de Liliane Bettencourt, après avoir pris connaissance de la décision de la cour d’appel. Il a ajouté que la chambre de l'instruction avait notamment validé l'expertise médicale de l'héritière de L'Oréal, au cœur du dossier.

Un sacré coup porté à la défense

Techniquement, les juges en charge de l'affaire peuvent désormais rendre leur ordonnance de règlement. C'est-à-dire indiquer quelles personnes parmi les mis en examen doivent bénéficier d'un non-lieu et lesquelles doivent être renvoyées en correctionnelle.

En validant la procédure, la cour d’appel porte un sacré coup à la défense. Cette dernière ne manquait pourtant pas d'arguments pour obtenir gain de cause : selon les avocats des douze mis en examen, l'expertise est entachée de nullité pour divers motifs. Elle a été réalisée sous la direction de la légiste Sophie Gromb, dont la proximité est jugée trop importante avec Jean-Michel Gentil - un des trois juges en charge du dossier - puisqu'elle figure parmi les témoins de son mariage.

"M. Sarkozy ne fera pas de commentaire"

Ensuite selon eux, le juge a notamment choisi pour l'accompagner lors de l'examen de Liliane Bettencourt un matin de juin 2011 au saut du lit, deux neurologues ne figurant pas sur la liste des experts de la cour d’appel de Bordeaux alors qu'une experte de ce ressort était disponible, ce qu'il a omis de préciser.

Enfin, selon la défense, le juge a commis une erreur de droit pour justifier la mise en examen de Nicolas Sarkozy en lui appliquant une disposition pénale postérieure aux faits et plus sévère que la précédente. Qu'en pense le principal intéressé ? En déplacement ce mardi à Washington pour donner une conférence, l'ancien chef de l'Etat préfère garder le silence. "Depuis le début de l'instruction, M. Sarkozy n'a pas fait de commentaire et n'en fera pas", a affirmé son entourage à l'AFP.