L'horizon judiciaire de Nicolas Sarkozy s'éclaircit. Son horizon politique aussi. En obtenant lundi un non-lieu dans l'affaire Liliane Bettencourt, l'ex-chef de l'Etat s'est débarrassé de son plus gros boulet judiciaire : un procès pour abus de faiblesse au détriment de la milliardaire, potentiellement long, aurait pu hypothéquer ses éventuelles envies de retour. Libéré de cette contrainte - contrairement à son ancien ministre Eric Woerth, renvoyé en correctionnelle avec neuf autres personnes dans l'enquête sur le financement de la campagne de 2007 – l'ancien Président peut désormais choisir son propre tempo, même si son nom reste cité dans d'autres affaires.

Pour l'occasion, Nicolas Sarkozy s'est fendu d'un message sur son compte Facebook, se félicitant d'avoir été déclaré "innocent" dans ce dossier. Ses proches ont aussi applaudi. Alors qu'ils avaient hurlé en cœur à l'acharnement après sa mise en examen en mars, tous se sont réjouis de la décision des magistrats bordelais. "Le dossier était vide. C'est un grand soulagement car c'est sa probité qu'on mettait en cause, et de manière vraiment pas agréable", souffle son ami Patrick Balkany auprès de metronews.

Un retour "par devoir" ?

Sur fond de sondages flatteurs, les spéculations sur un retour en politique reprennent déjà de plus belle. "Le bon timing serait 2015", n'a pas hésité à lancer Nadine Morano. "Ce sera à lui seul de décider, tempère Patrick Balkany. S'il revient aux affaires, ce sera parce que les Français en ont vraiment besoin : quand vous avez déjà été Président, 'l'envie' n'est plus la même."

Cette hypothèse du "recours", d'un retour "par devoir" que Nicolas Sarkozy a déjà d'ailleurs lui-même publiquement envisagée, est relayée par d'autres proches. "Les électeurs de droite, déboussolés, cherchent l'unité, la référence naturelle. Ils ont besoin que Nicolas Sarkozy retrouve une liberté de ton", nous assure ainsi Roger Karoutchi. L'ancien ministre, qui plaide pour un retour "après les européennes", assure que l'ex-chef de l'Etat devrait dans un premier temps s'exprimer "dès les semaines qui viennent" "sur les grands sujets". Alors que François Fillon s'est déclaré dimanche dans Le JDD "de facto en compétition" avec Nicolas Sarkozy pour 2017, les hostilités pourraient bientôt démarrer à droite.