« Le boxeur sort du ring », attaque le quotidien suisse, Le Temps de Genève . « Exit le ministre français délégué au Budget ! La stratégie de la négation en bloc, y compris devant le président de la République lui-même, des accusations de blanchiment qui pesaient lourdement contre lui a fini par exploser en vol : elle s’est écroulée mardi avec les doutes du parquet. » ajoute le journal.

Pour le quotidien britannique The Telegraph, la nouvelle est d'autant plus embarrassante que cela concerne le ministre des Finances. « Cette démission est un embarras et un coup porté au Président François Hollande quand son gouvernement cherche au même moment à adopter des plans de réduction de déficit et à maintenir la crédibilité fiscale entre la France et les partenaires de zone euro. Jérôme Cahuzac était responsable de ces coupes budgétaires drastiques. »

« La démission de Jérôme Cahuzac tombe au plus mal »

Même constat sur le site belge DH Belgique qui livre un constat plutôt pessimiste pour François Hollande et souligne le rôle-clé du désormais ancien ministre du Budget au sein du gouvernement. « Sondages en berne, mauvais indicateurs économiques et sociaux, problèmes de communication.... la démission de Jérôme Cahuzac, l'un des piliers du gouvernement, survenue en pleine préparation du budget, tombe au plus mal. »

Le site Internet du quotidien espagnol El Paìs souligne la compréhension de l'opposition « qui n'a jamais réclamé sa démission ». Et félicite l'éthique du gouvernement: « Son renoncement démontre que la politique française maintient un niveau d'exigence éthique plus grand que celui de ses voisins du sud. » Mais insite lui aussi sur le « nouveau revers politique pour le président socialiste de plus en plus impopulaire. »

Sarkozy versus Hollande

Le New York Times ne peut s'empêcher de comparer l'ère Hollande à celle de Sarkozy : « Ces accusations, avec des mois de dénégation ponctués par un départ soudain du gouvernement, rappellent grandement un scandale financier du prédécesseur de François Hollande, Nicolas Sarkozy. » Mais pour le quotidien américain, la situation des deux hommes diffère : «  Nicolas Sarkozy était visé par des accusations persistantes de corruption, dont certaines ont donné lieu à des enquêtes judiciaires l'impliquant plus ou moins directement . Tel n'a pas été le cas pour François Hollande, qui s'est présenté comme le président “normal” ».

La Tribune de Genève, quotidien suisse francophone, s 'intéresse quant à elle à l'authenticité de l'enregistrement présenté par le site Mediapart et à la demande d'entraide émises par les autorités judiciaires françaises à l'égard de leurs homologues suisses dans cette enquête. Un ténor du barreau genevois et spécialiste en matière d'entraide, Me Marc Bonnant, fait part de ses réflexions sur ce dernier rebondissement : «Si Jérôme Cahuzac est innocent, et en l'état il est présumé tel, il concourra activement à l'exécution de cette commission rogatoire. S'il était moins innocent, tout en se réjouissant ouvertement que l'enquête se déporte en Suisse, il s'opposera à l'exécution de cette commission rogatoire. Et il a quelque chance de gagner, car il s'agit d'évasion fiscale, ce qui n'est pas aujourd'hui un crime en Suisse. Corollairement, il ne saurait y avoir de blanchiment.»