Au lendemain des révélations faites par Pierre Condamin-Gerbier, l'ex-cadre de l'établissement financier suisse Reyl, Le Monde révèle que le parquet de Paris a bien ouvert une quête contre la banque. Une information confirmée par l'AFP, qui s'appuie sur une source proche de l'enquête.

Depuis le 31 mai, le parquet de Paris a lancé une information judiciaire contre X visant les activités de la banque genevoise Reyl. Menée par le juge Renaud van Ruymbeke, qui instruit l'affaire Cahuzac avec le juge Roger Le Loire, l'enquête a été ouverte pour "blanchiment de fraude fiscale" et "blanchiment de fraude fiscale en utilisant les facilités professionnelles notamment celles de la banque". Elle vise les activités de la banque et de ses clients.

"Des Cahuzac, il y en a d'autres"

Dans le cadre de l'enquête sur l'affaire Cahuzac, les deux juges avaient déjà interrogé l'ancien employé de la banque, Pierre Condamin-Gerbier, le 18 avril. Selon Mediapart, l'ancien cadre de la banque suisse aurait dévoilé plusieurs noms aux juges. Ils avaient ensuite demandé à étendre l'enquête dans le but de vérifier ses déclarations.

Les propos de l'ex-banquier ont, en partie, finalement été révélés jeudi devant Yann Galut, rapporteur du projet de loi sur la fraude fiscale. "On a fait du citoyen Cahuzac un fusible. On dit que c'est le mensonge d'un homme, mais des Cahuzac il y en a d'autres."C'est le mensonge d'un système et d'un Etat, a-t-il affirmé, précisant qu'il avait une liste de noms et qu'il attendait "le bon moment" pour la donner. Devant la commission d’enquête parlementaire sur le rôle des banques et des acteurs financiers dans l'évasion fiscale, il avait déclaré une "quinzaine d’individus, à l’intérieur desquels se trouvent des responsables politiques, ministres de la précédente et de l’actuelle majorité", qui détiendraient des comptes cachés chez Reyl.

Personnalité Exposée Politiquement

Et si vendredi, la banque a tenu à démentir ces révélations, dénonçant "les nombreux amalgames et allégations véhiculés par les médias sur la base d'affirmations erronées", Europe 1.fr en a remis une couche. Ainsi, le site d'information a pu prendre connaissance d'un document, daté de 2008 relatant une réunion dans un cabinet d'avocats parisiens de la banque Reyl et signé par Pierre Condamin-Gerbier. Dans ce compte-rendu, à en-tête de la banque suisse, on retrouve les modalités d'une transaction entre un homme politique français et un homme d'affaires. Y figure aussi la mention PEP :  Personnalité Exposée Politiquement. Le document présente aussi les deux hommes au coeur de la transaction, deux amis de longues dates. D'un côté, "un acteur important de la communauté politique française" et de l'autre coté, un homme d'affaires.