Alors que le parquet de Lille avait requis mi-juin un non-lieu en faveur de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton, l'ancien patron du FMI est renvoyé en correctionnelle pour "proxénétisme aggravé en réunion", par les trois juges d'instruction en charge du dossier. Dans celui-ci douze autres personnes sont également renvoyées au côté de l'ex-ministre pour cette même qualification, précise un communiqué du parquet publié ce vendredi.

La réponse de l'intéressé ne s'est pas faite attendre. Toujours par voie de communiqué, diffusé par le cabinet de son avocat Me Henri Leclerc peu après l'annonce du jour, DSK a indiqué prendre acte de son renvoi devant le tribunal correctionnel de Lille et affirme qu'il s'y présentera "sereinement", indiquant qu'il "s'attendait à cette décision". "Compte tenu du caractère exclusivement à charge de l'instruction menée contre lui, M. Dominique Strauss-Kahn s'attendait à cette décision", précise en effet le communiqué. De son côté, le parquet a fait savoir qu'il se déciderait la semaine prochaine sur l'opportunité de faire appel de ce renvoi ou pas.

"Cela n'en fait pas pour autant un proxénète"

Une quatorzième personne mise en examen est, quant à elle, renvoyée pour "complicité d'escroquerie et d'abus de confiance". Dans son réquisitoire, le parquet avait estimé que si DSK était le "principal bénéficiaire" des soirées avec des prostituées, "cela n'en fait pas pour autant un proxénète". De son côté, la défense de l'économiste a toujours affirmé que son client ignorait que les femmes qui participaient à ces parties fines étaient des prostituées, qualifiant ces soirées de "libertines".

Ainsi, le parquet avait requis le renvoi de douze des personnes mises en examen dans ce dossier et s'était prononcé en faveur d'un non-lieu pour DSK, ainsi que pour un ancien directeur régional du groupe de construction Eiffage.